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	<title>Syndicalistes !</title>
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	<description>Syndicalistes&#8239;! est un site d'&#233;change et de d&#233;bat sur les pratiques syndicales. &#192; terme, nous aimerions que cela devienne une plateforme pour faire du lien en chair et en os, organiser des rencontres, et pourquoi pas des formations.
Le lancement du site a eu lieu fin septembre 2023, mais vous pouvez toujours lire et signer l'appel pr&#233;sentant ce nouvel espace de r&#233;flexion, et nous envoyer vos contributions : bilan d'une lutte, compte-rendu d'un congr&#232;s, partage d'une pratique qui fonctionne, &#233;tat des lieux des r&#233;flexions syndicales sur un sujet, note de lecture, etc. Le format des contributions est assez libre : courte note de blog, article plus fouill&#233;, interview, etc.
L'&#233;quipe d'animation joue le r&#244;le de comit&#233; &#233;ditorial et est en charge de mettre les contributions re&#231;ues en ligne apr&#232;s un &#233;ventuel &#233;change avec les auteur&#183;ices en cas de n&#233;cessit&#233; (mots-cl&#233;s et/ou titre manquant, signature, passages de l'article qui posent probl&#232;me, etc.).</description>
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		<title>Syndicalistes !</title>
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		<title>Syndicats d'industrie : redonner des perspectives &#224; notre classe</title>
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		<dc:creator>Comit&#233;s syndicalistes r&#233;volutionnaires</dc:creator>


		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Structuration</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question de la structuration du syndicalisme de classe est une des questions centrales de ce site. C'est pourquoi nous relayons ici la contribution des Comit&#233;s syndicalistes r&#233;volutionnaires (CSR), tendance syndicale qui a toujours plac&#233; cette question au c&#339;ur de sa r&#233;flexion. Dans cette contribution, ils et elles insistent sur l'int&#233;r&#234;t du syndicat d'industrie, plut&#244;t que le syndicat d'entreprise ou multipro. Cette vision, qui a notamment le m&#233;rite d'&#234;tre tranch&#233;e (le syndicat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-structuration-+" rel="tag"&gt;Structuration&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH84/photos-greve-banderoles-bb00a.jpg?1738683049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question de la structuration du syndicalisme de classe est une des questions centrales de ce site. C'est pourquoi nous relayons ici la contribution des Comit&#233;s syndicalistes r&#233;volutionnaires (&lt;a href=&#034;https://www.syndicaliste.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CSR&lt;/a&gt;), tendance syndicale qui a toujours plac&#233; cette question au c&#339;ur de sa r&#233;flexion. Dans cette contribution, ils et elles insistent sur l'int&#233;r&#234;t du syndicat d'industrie, plut&#244;t que le syndicat d'entreprise ou multipro. Cette vision, qui a notamment le m&#233;rite d'&#234;tre tranch&#233;e (le syndicat d'industrie comme outil fondamental des victoires syndicales), permettra aussi de soulever de nombreuses question qui ne demandent qu'&#224; &#234;tre d&#233;battues dans d'autres articles &#224; venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les limites et les contradictions actuelles de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (CGT) sont mat&#233;rielles. Elles sont directement li&#233;es aux structures concr&#232;tes de son organisation. Son mod&#232;le actuel s'appuie sur des syndicats d'entreprise, compl&#233;t&#233; par des syndicats multipros pour les isol&#233;&#183;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une pr&#233;sentation de la logique du syndicat multipro, lire l'interview (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#233;connect&#233; du mode de gestion capitaliste de la main-d'&#339;uvre et de la soci&#233;t&#233; que nous voulons construire, il ne permet ni de construire le rapport de forces ni de ma&#238;triser une vision d'ensemble des branches professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se structurant ainsi la CGT s'adresse aux entreprises, et aux individus. Dans les entreprises, c'est le corporatisme qui joue, et tout ce qui ne concerne pas &#171; la bo&#238;te &#187; para&#238;t lointain et inint&#233;ressant face aux &#171; pr&#233;occupations &#187; internes. Dans les unions locales (UL) et leurs syndicats multipros, la CGT n'a pratiquement que l'accompagnement individuel &#224; proposer, obligeant les camarades &#224; s'improviser juristes du travail, pour aider les travailleurs et travailleuses &#224; faire appliquer leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux r&#233;alit&#233;s sont bien &#233;loign&#233;es de l'objectif d'&#233;mancipation qui devrait &#234;tre celui du syndicalisme. Comment lib&#233;rer le travail en intervenant d'une mani&#232;re qui renvoie les personnes &#224; ce qui les ali&#232;ne quotidiennement, &#224; savoir la culture d'entreprise d&#233;coupl&#233;e du reste de sa classe sociale d'appartenance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT &#233;tait pourtant fond&#233;e sur une toute autre strat&#233;gie : s'organiser socialement en fonction des branches industrielles, qui constituent une r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle, s'appropriant ainsi par pans &#233;conomiques entiers la soci&#233;t&#233;, en y renfor&#231;ant le pouvoir de la classe prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le multipro n'est pas pro&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un syndicat doit &#234;tre de nature professionnelle. M&#234;me la l&#233;gislation bourgeoise, la loi Waldeck-Rousseau de 1884, constitutive du droit syndical (articles 2 et 9 notamment), &#233;tablit cette &#233;vidence. Ce qui compte fondamentalement, d'un point de vue social, ce sont les industries, les branches (agro-alimentaire, &#233;nergie, &#233;ducation, sant&#233;, construction, commerce, Livre, etc.) qui produisent les biens et les services que requiert l'&#233;panouissement collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le capitalisme, l'entreprise qui domine le prol&#233;taire est la forme sacr&#233;e de l'organisation du travail. Pourtant, l'entreprise ne s'impose par aucun d&#233;terminisme sur la production &#224; l'&#233;chelle humaine. Les multiples modalit&#233;s d'organisation du travail humain (individuel ou collectif) quand il n'est pas sous emprise capitaliste en t&#233;moignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc contrer les capitalistes qui organisent leur division du travail, d&#233;coupant les industries par entreprises, et les travailleurs et travailleuses par statuts (sous-traitant&#183;es, int&#233;rimaires, d&#233;tach&#233;&#183;es, stagiaires&#8230;) ? Tout simplement en intervenant sur notre terrain, le lieu r&#233;el de notre participation &#224; la soci&#233;t&#233; : les grands pans politiques de la production, &#224; savoir les industries. Nous parlons ici d'une intervention profond&#233;ment politique. Nous sommes conscient&#183;es de ce que notre travail apporte &#224; la soci&#233;t&#233;, tout comme de ses co&#251;ts (productions toxiques, travail p&#233;nible, d&#233;nu&#233; de sens, etc.), car uniquement command&#233; par le maintien du taux de profit. C'est ainsi que nous revendiquons notre l&#233;gitimit&#233; de classe &#224; contr&#244;ler notre travail, et donc toute son organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi une intervention pragmatique et efficace. Il s'agit, en effet, d'associer (sans se pr&#233;occuper de l'entreprise ou du type de contrat) des travailleurs et des travailleuses qui d&#233;sirent partager la m&#234;me r&#233;alit&#233;, les m&#234;mes savoirs et savoir-faire, coordonner les m&#233;tiers, qui s'inscrivent donc dans la ma&#238;trise d'une m&#234;me branche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, les syndicats multipros qui existent dans les unions locales de la CGT constituent une grave erreur strat&#233;gique. Les Comit&#233;s syndicalistes r&#233;volutionnaires (CSR) les ont critiqu&#233;s depuis leur apparition. Les multipros ne sont qu'une man&#339;uvre incoh&#233;rente, un pansement, un bricolage pour &#233;viter d'avoir des syndiqu&#233;&#183;es isol&#233;&#183;es, rattach&#233;&#183;es directement, et contrairement aux statuts conf&#233;d&#233;raux, &#224; des UL ou &#224; des f&#233;d&#233;rations. Mais, en m&#233;langeant sans logique professionnelle des travailleurs et des travailleuses de toutes branches, sans couplage &#224; leurs logiques de branche d'origine, nous contribuons &#224; leur d&#233;socialisation et &#224; leur d&#233;s&#339;uvrement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils et elles ne disposent donc pas d'outils efficaces, &#224; la fois pour combattre les capitalistes et pour reprendre leur travail en main, industrie par industrie, afin de construire une autre soci&#233;t&#233;. Alors, certes, les multipros permettent aux individus d'&#234;tre &#171; syndiqu&#233;&#183;es &#187; et de r&#233;cup&#233;rer les cotisations, dont on ne nie &#233;videmment pas l'importance pour l'autofinancement de l'organisation, et donc son autonomie. Mais quelle efficacit&#233; sur la syndicalisation des camarades ? Quelle possibilit&#233; pour elles et eux de s'enrichir des exp&#233;riences du militantisme de terrain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On improvise des pseudo-syndicats, mais comme personne ne peut ma&#238;triser les sp&#233;cificit&#233;s de toutes les branches professionnelles (y compris toutes les conventions collectives), il appara&#238;t impossible de les animer efficacement. De ce fait, les perspectives des syndiqu&#233;&#183;es sont identiques lorsqu'ils et elles sont isol&#233;&#183;es &#224; l'UL ou au syndicat multipro : du conseil juridique g&#233;n&#233;raliste, &#224; la condition que ces savoirs soient assur&#233;s&#8230; Alors qu'un syndicat d'industrie intervient dans la branche qu'il conna&#238;t, puisque les camarades en ont la ma&#238;trise par l'exp&#233;rience du travail qu'ils et elles y fournissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis encore, en organisant les isol&#233;&#183;es dans des syndicats multipros, ils et elles sont coup&#233;&#183;es du lien possible avec les travailleurs et travailleuses organis&#233;&#183;es en nombre et en force dans leur industrie, qui pourraient les aider &#224; monter des sections syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres d'un multipro n'ont pas de profession commune autour de laquelle s'unir. Comment alors avoir une vie syndicale ? Autour du fait d'&#234;tre prol&#233;taire en g&#233;n&#233;ral ? Autour des &#171; valeurs CGT &#187; ? Cela suffit sans doute &#224; cr&#233;er une certaine convivialit&#233;, mais sur quelle intervention concr&#232;te cela peut-il d&#233;boucher ? La r&#233;ponse est observable dans les UL : les syndicats multipro sont des passoires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le multipro n'est pas interpro&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats multipros posent aussi d'&#233;normes probl&#232;mes &#224; la pratique interprofessionnelle. Les UL qui les prennent en charge sont confront&#233;es au repli corporatiste des syndicats d'entreprise. Alors que l'urgence est &#224; ref&#233;d&#233;rer ces syndicats centrifuges et &#224; aider &#224; la cr&#233;ation de nouveaux vrais syndicats d'industrie, les UL se retrouvent charg&#233;es d'une mission suppl&#233;mentaire et contre-productive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le r&#244;le des UL devrait &#234;tre de coordonner des syndicats, on leur demande, &#224; la places, de devenir un pseudo syndicat o&#249; on tente de coordonner des individu&#183;es. Dans le meilleur des cas &#233;merge une section syndicale, voire un syndicat d'entreprise, quand il y a suffisamment de syndiqu&#233;&#183;es d'une m&#234;me &#171; bo&#238;te &#187;. Souvent on ne peut ou ne veut pas s'occuper du multipro. Dans le pire des cas, les UL s'opposent &#224; la cr&#233;ation de syndicats professionnels, pour ne pas perdre leurs syndiqu&#233;&#183;es, donc leurs cotisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut donc pas se permettre de penser que les multipros soient une sorte de pratique interprofessionnelle, ils vont compl&#232;tement &#224; contre-courant de celle-ci. L'interpro, c'est la coordination des syndicats professionnels, sur des probl&#233;matiques qui touchent toutes les branches. Sans pro, pas d'interpro. Le multipro, en essayant de se substituer aux deux, d&#233;truit cette dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le syndicat d'entreprise : &#224; peine moins pire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les multipros ont &#233;t&#233; mis en place pour pallier au probl&#232;me pos&#233; par les syndiqu&#233;&#183;es isol&#233;&#183;es, c'est-&#224;-dire les personnes qui souhaitent se syndiquer mais pour lesquelles il n'existe pas de syndicat auquel les rattacher. Ce probl&#232;me vient d'un autre type de syndicat, celui qui est devenu le standard depuis des d&#233;cennies : le syndicat d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de syndicat est devenu tellement banal que bien des militant&#183;es ont du mal &#224; imaginer qu'on puisse faire autrement. Il est devenu la norme, une norme dysfonctionnelle, puisque l'impossibilit&#233; de la mettre en &#339;uvre d&#233;bouche sur les probl&#232;mes actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; de cr&#233;er des syndicats par entreprise est, &#224; ce point de l'histoire, une exp&#233;rience rat&#233;e. En voulant rapprocher le syndicat des salari&#233;&#183;es dans l'entreprise, on l'a finalement &#233;loign&#233; du prol&#233;tariat pr&#233;caire, des TPE, etc. La cl&#244;ture des &#233;lections TPE, avec un taux de participations descendu &#224; 4 %, en est le plus r&#233;cent exemple. La CGT s'&#233;loigne encore des prol&#233;taires des petites entreprises en perdant 9 600 voix par rapport &#224; 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique prouve, et a prouv&#233; depuis des dizaines d'ann&#233;es, qu'il &#233;tait impossible, pour toutes sortes de raisons, d'avoir un syndicat dans chaque bo&#238;te : pr&#233;carit&#233;, manque de militant&#183;es, faible effectif (un syndicat d'entreprise dans une TPE ?), r&#233;pression, etc. C'est cette incapacit&#233; &#224; avoir des syndicats partout qui a men&#233; aux isol&#233;&#183;es, puis aux multipros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en plus de son inefficacit&#233; en mati&#232;re de syndicalisation, le syndicalisme d'entreprise pose d'immenses probl&#232;mes politiques. Quel est le sens de s'organiser dans l'entreprise, sur le terrain du patron, au lieu de s'organiser sur notre terrain, l'industrie ? C'est implicitement reconna&#238;tre l&#233;gitime aux capitalistes la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de productions, au lieu de la leur d&#233;nier, et d'affirmer qu'ils nous appartiennent collectivement. C'est laisser &#224; la bourgeoisie la main sur l'ordonnancement de la division du travail et, par l&#224;, ne pas y pr&#233;tendre en tant que classe organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strat&#233;giquement, c'est une erreur : s'organiser l&#224; o&#249; l'ennemi est le plus fort, sur le champ de bataille qu'il contr&#244;le. Bien s&#251;r, il peut &#234;tre oppos&#233; que, justement, on doit porter la bataille l&#224; o&#249; &#231;a compte, qu'il faut remettre en cause le pouvoir du patron l&#224; o&#249; il est. C'est vrai, mais nous pouvons aussi le faire avec la section d'entreprise d'un syndicat d'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le syndicat se base sur l'entreprise, il ne r&#233;fl&#233;chit qu'au niveau de l'entreprise, et pas au niveau de l'industrie, encore moins de la soci&#233;t&#233;. Si la pratique quotidienne se centre sur une unit&#233; de production, et pas sur l'industrie, contre un patron, et pas contre la bourgeoisie en g&#233;n&#233;ral, quelles aspirations formulons-nous quant &#224; la gestion globale de l'&#233;conomie ? Au travers de quels savoirs et savoir-faire nous assurons-nous de notre responsabilit&#233; et l&#233;gitimit&#233; &#224; prendre collectivement en gestion les moyens de production ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion de la production ne s'apprend pas en lisant des manuels, mais par la pratique. Si la pratique se limite &#224; l'entreprise, qu'apprenons-nous &#224; g&#233;rer ? Des entreprises ! Mais notre but n'est pas de devenir patron, c'est de faire sans les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gitimit&#233; du syndicalisme d'entreprise s'appuie sur la culture &#233;gocentrique de/de la &#171; super-d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;e syndical&#183;e &#187; qui ferait trembler le patron. Or, le syndicat d'entreprise est condamn&#233;, de par sa nature, &#224; se limiter &#224; des attaques frontales face &#224; l'adversaire, et le plus souvent sur le terrain institutionnel (CSE, CSSCT). Les d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;es syndicaux&#183;ales sont pourtant connu&#183;es du patron, qui ma&#238;trise leurs faiblesses personnelles. Ce qui lui permet d'anticiper sur l'action syndicale et d'&#233;viter d'&#234;tre d&#233;stabilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la strat&#233;gie militaire a toujours enseign&#233; qu'un adversaire doit &#234;tre contourn&#233;, et si possible attaqu&#233; de toutes parts. C'est pourquoi les syndicalistes r&#233;volutionnaires ont cr&#233;&#233; la CGT et ses diff&#233;rents outils : syndicats d'industrie, Bourses du travail, f&#233;d&#233;rations d'industrie, associations d'entraide, syndicats de locataires&#8230; Afin de mener l'offensive sur plusieurs fronts pour d&#233;stabiliser l'adversaire et l'encercler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res lois sur le droit syndical ont renforc&#233; la centralisation des mandats et des heures de d&#233;l&#233;gation. L'activit&#233; du syndicat d'entreprise repose d&#233;sormais sur de petites &#233;quipes de d&#233;l&#233;gu&#233;s, plus que jamais polaris&#233;es par l'activit&#233; institutionnelle des CSE. Nos syndicats ne peuvent se redynamiser qu'en ouvrant leur vie collective et d&#233;mocratique &#224; tous les syndiqu&#233;&#183;es, c'est-&#224;-dire en dehors des horaires d'entreprise. Ce syndicalisme de masse est d'autant plus urgent face &#224; la menace grandissante d'un gouvernement d'extr&#234;me droite qui s'attaquerait &#171; &#224; la bureaucratie syndicale &#187;, c'est-&#224;-dire au financement du paritarisme et au droit syndical. Apr&#232;s des d&#233;cennies d'inefficacit&#233;, le syndicalisme d'entreprise doit donc &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un &#233;chec par tout anti-capitaliste s&#233;rieux. C'est un mod&#232;le qu'il faut abandonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute mani&#232;re, le syndicalisme d'entreprise incluait, &#224; l'origine, un syndicat local, pour r&#233;cup&#233;rer toutes et tous les syndiqu&#233;&#183;es sans syndicat dans leur bo&#238;te (et qui fonctionnait donc comme un syndicat d'industrie partiel), et une union (ou coordination) syndicale d&#233;partementale (USD ou CSD), pour coordonner tous ces syndicats. Ce mod&#232;le voulait donc, avec une complexit&#233; inutile, remplir les m&#234;mes fonctions que le syndicalisme d'industrie. On retournait la structure : d'un syndicat d'industrie qui coordonne l'activit&#233; dans les entreprises et &#233;tablissements par section, on passe &#224; des syndicats d'entreprise, coordonn&#233;s dans les branches par des USD. C'est l'effondrement de cette usine &#224; gaz qui nous m&#232;ne &#224; la d&#233;sorganisation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est plus que temps de revenir aux fondamentaux ! Il existe actuellement plus de 25 000 syndicats adh&#233;rents &#224; la CGT, la majorit&#233; alignant moins de dix adh&#233;rent&#183;es. Ces faibles forces et connaissances ne permettent d'assurer ni une vie d&#233;mocratique, ni une mutualisation des savoirs, ni un lien stable avec les UL, les UD et les f&#233;d&#233;rations. Les syndicats constituant l'organisation de base de la CGT, sa fondation, les dysfonctionnements se r&#233;percutent automatiquement sur toute la maison conf&#233;d&#233;rale qui fissure de tous les c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/IMG/jpg/schema-csr-industrie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L500xH281/schema-csr-industrie-2416a.jpg?1738683049' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le syndicat d'industrie : la solution&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La solution r&#233;side dans une strat&#233;gie de syndicalisation et d'organisation diff&#233;rente. Elle est propos&#233;e implicitement dans ce texte depuis le d&#233;but. C'est le mod&#232;le historique de la CGT. C'est le syndicalisme d'industrie. Son principe est simple : un seul syndicat par branche et par bassin d'emploi, typiquement un par agglom&#233;ration, bassin d'emploi ou d&#233;partement, selon la mobilit&#233; inh&#233;rente &#224; la branche. Cela n'emp&#234;che pas l'intervention dans les entreprises, en utilisant des sections : au contraire, monter une section syndicale est bien plus simple que de fonder un syndicat, avec congr&#232;s, statuts et &#233;quipe d'animation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs et travailleuses qui perdent leur emploi, qui changent de bo&#238;te (y compris les int&#233;rimaires), restent dans leur syndicat. Pas besoin de r&#233;inventer la roue &#224; chaque fois que la situation change. Le syndicat d'industrie est responsable de la propagande en direction des futur&#183;es travailleuses et travailleurs : &#233;tudiant&#183;es et apprenti&#183;es. Il peut les orienter, les conseiller, et il d&#233;fend les qualifications obtenues durant la formation initiale. Il est aussi le lieu de regroupement des anciens travailleurs et des anciennes travailleuses : les retrait&#233;&#183;es restent li&#233;&#183;es &#224; leur ancienne branche professionnelle, et ce, m&#234;me si leur ancienne entreprise a ferm&#233;. Ils et elles peuvent ainsi faire profiter de leurs exp&#233;riences aux nouvelles g&#233;n&#233;rations et utiliser leur temps libre pour soutenir les camarades en activit&#233; dont le temps libre est plus limit&#233;, au lieu d'&#234;tre regroup&#233; entre &#171; v&#233;t&#233;rans &#187; dans des syndicats pro ou interpro de retrait&#233;&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois que toutes les branches auront un syndicat dans un bassin d'emploi donn&#233;, il n'y aura plus besoin de cr&#233;er de nouveaux syndicats. Toutes les bo&#238;tes seront de fait couvertes. Cela revient &#224; dire qu'il y a autant de syndicats dans une union d&#233;partementale (ou une union locale) qu'il y a de f&#233;d&#233;rations dans la conf&#233;d&#233;ration. La CGT a la m&#234;me structure dans toutes les localit&#233;s et &#224; toutes les &#233;chelles. La connaissance de l'organisation conf&#233;d&#233;rale par les militant&#183;es (et surtout pour les non-adh&#233;rent&#183;es qui voudraient franchir le pas) est donc plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un mod&#232;le &#224; la fois plus simple et plus efficace, qui permet d'intervenir dans toutes les entreprises, avec moins de structures, tout en permettant une dynamique de branche, et en facilitant la vie &#224; l'interpro. Un mod&#232;le bien plus simple et efficace que l'imbroglio actuel qui est un mod&#232;le hybride o&#249; le syndicalisme d'entreprise se m&#233;lange avec le multipro. Cet aspect pratique est li&#233; &#224; un autre, qui est politique et intimement imbriqu&#233; avec la logique des conventions collectives. Il va de soi que la mise en place et la d&#233;fense de ces conventions sont coh&#233;rentes avec le syndicalisme d'industrie. Cela rel&#232;ve de la m&#234;me logique : une logique qui vise &#224; organiser le prol&#233;tariat, &#224; le doter d'une matrice sociale dans laquelle s'agr&#232;gent des droits en fonction de la r&#233;alit&#233; sociale des productions, et non pas sujette &#224; leur division artificielle en de multiples entreprises et filiales, impos&#233;e par nos adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conventions collectives reviennent &#224; r&#233;fl&#233;chir aux industries du point de vue des travailleurs et des travailleuses, elles pr&#233;parent donc, tout comme la pratique quotidienne du travail et du syndicalisme (d'industrie), &#224; la gestion de ces branches par les travailleurs et les travailleuses eux et elles-m&#234;mes, et, bien s&#251;r, elles servent dans l'imm&#233;diat &#224; nous garantir des droits collectifs (pour nous d&#233;fendre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans organisation par branche, nous ne pouvons pas d&#233;fendre ces conventions, nous ne le pourrons ni dans des syndicats d'entreprise, qui se focalisent sur les &#233;lections et les accords de bo&#238;te (de plus en plus d&#233;rogatoires aux conventions), ni dans des multipros d'individu&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas de changement social sans les bons outils&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est donc clair que les outils que nous choisissons pour nous organiser influent sur notre pratique et sur les objectifs politiques que nous pouvons nous fixer r&#233;alistement. Il ne faut pas tomber dans un id&#233;alisme qui consiste &#224; ne proposer que la juste pens&#233;e, philosophie ou id&#233;ologie, qui guiderait la pratique. C'est trop souvent ce que l'on observe dans la r&#233;alit&#233; du syndicalisme actuel : un grand &#233;cart permanent entre des pratiques routini&#232;res et sans perspective (cas juridiques individuels, journ&#233;es de manifestation ponctuelles sur une th&#233;matique, NAO, &#233;lections du CSE, syndicalisation dans un multipro, etc.) et des discours sur l'anticapitalisme et sur les valeurs de gauche. Ce qui manque entre les deux pieds, c'est une vraie strat&#233;gie pour lier la pratique quotidienne &#224; nos buts politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme par entreprise correspond &#224; la volont&#233; des patrons que leur propri&#233;t&#233; soit reconnue. Il a des analogies avec le syndicalisme jaune, o&#249; le capital et le travail s'allient pour trouver un compromis, forme consacr&#233;e du syndicalisme social-d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme multipro, lui, est plut&#244;t typique des petites organisations affinitaires. D'une part parce qu'il est une solution de facilit&#233; quand on est peu nombreux, et d'autre part parce qu'on y compte souvent sur l'id&#233;ologie qui anime l'organisation pour faire le boulot &#224; la place des outils concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons avoir d&#233;montr&#233; que le syndicalisme anticapitaliste, qu'il soit r&#233;volutionnaire ou r&#233;formiste, se concr&#233;tise dans une organisation industrielle. Sans syndicalisme d'industrie, nous ne nous donnons pas les moyens de changer la soci&#233;t&#233;, car nous ne nous donnons pas les moyens de reprendre la production aux capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle conf&#233;d&#233;ration voulons-nous ? Il est imp&#233;ratif de r&#233;fl&#233;chir &#224; nos outils. Voulons-nous une CGT de service et d'accompagnement, d'accueil juridique, et de syndiqu&#233;&#183;es isol&#233;&#183;es ? Ou voulons-nous une CGT &#233;tablissant un r&#233;el projet de contre-soci&#233;t&#233;, capable de donner du pouvoir &#224; notre classe et de lui permettre de r&#233;aliser ses aspirations par un conf&#233;d&#233;ralisme efficace ? Voulons-nous une CGT capable de rayonner sur toute la classe et de lui proposer un projet ? Car si nous n'avons pas de projet, ce sont les sir&#232;nes de l'extr&#234;me droite qui s&#233;duisent les prol&#233;taires. C'est la bourgeoisie nationaliste qui appara&#238;t comme une opposition au capitalisme lib&#233;ral. Pensons-nous vraiment qu'on va pouvoir contrer l'influence du RN bo&#238;te par bo&#238;te, alors que, justement, ces entreprises sont soumises &#224; la concurrence nationale et internationale, ou plut&#244;t avec un outil d'industrie &#224; dimension sociale et &#233;conomique g&#233;n&#233;rale ? En donnant des perspectives et un contenu concret au &#171; communisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des moyens de transition vers le syndicalisme d'industrie. En cr&#233;ant des syndicats d'industrie, en proposant aux syndicats d'entreprise de fusionner. En r&#233;unissant les adh&#233;rent&#183;es des multipros d'une m&#234;me branche sur une union d&#233;partementale ou locale, on peut leur proposer de cr&#233;er leur syndicat. Le syndicat multipro peut alors servir de sas d'entr&#233;e dans la CGT, de p&#233;pini&#232;re de syndicats, sans devenir une fin en soi. Il y aurait l&#224; un vaste chantier, mais le r&#233;sultat sera le retour de la CGT &#224; ses structures historiques, celles qu'elle avait quand elle &#233;tait &#224; l'offensive, et qu'elle &#233;tait victorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un patron : une section ! Un patronat : un syndicat !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La tendance comme outil de formation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les organisations de la CGT ont tr&#232;s majoritairement perdu leur savoir-faire en ce qui concerne le syndicalisme d'indouble besogne, qui pr&#233;pare la rupture concr&#232;te avec le capitalisme. Nos militant&#183;es se retranchent souvent derri&#232;re un discours anticapitaliste, mais tr&#232;s confus et abstrait, pour cacher toute absence de perspective r&#233;ellement r&#233;volutionnaire. C'est-&#224;-dire de transformer les rapports de production dans chaque industrie et dans toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger est donc que les syndicats d'industrie soient offerts comme des outils alternatifs, des outils de qualit&#233;, mais dont on ne sait pas se servir. C'est pourquoi, plus que jamais, il est indispensable de puiser dans l'exp&#233;rience des ancien&#183;nes. Ce savoir-faire que la tendance syndicaliste r&#233;volutionnaire transmet depuis la fondation de sa revue de tendance, &lt;i&gt;La Vie ouvri&#232;re&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CSR se mettent donc &#224; disposition des organisations syndicales qui d&#233;sirent disposer de mat&#233;riel ou de formateurs&#183;trices. Les syndicats de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail ont besoin de travailleuses et de travailleurs qualifi&#233;&#183;es. Cette qualification int&#233;grale, ce savoir-faire collectif ne peuvent &#234;tre transmis que par des &#233;coles de formation. Notre tendance syndicale se met donc au service des syndicats, des UL et de tout&#183;e syndiqu&#233;&#183;e qui d&#233;sire renouer avec la strat&#233;gie de la CGT historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une pr&#233;sentation de la logique du syndicat multipro, lire l'interview de Nawel Benchlikha, &#171; Pas de syndiqu&#233;&#183;es sans syndicat ! &#187;, &lt;i&gt;Organisez-vous&lt;/i&gt;, 2021 [&lt;a href=&#034;https://organisez-vous.org/nawel-benchlikha-pas-de-syndique%c2%b7es-sans-syndicat/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;].[Nd&#201;]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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