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	<title>Syndicalistes !</title>
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	<description>Syndicalistes&#8239;! est un site d'&#233;change et de d&#233;bat sur les pratiques syndicales. &#192; terme, nous aimerions que cela devienne une plateforme pour faire du lien en chair et en os, organiser des rencontres, et pourquoi pas des formations.
Le lancement du site a eu lieu fin septembre 2023, mais vous pouvez toujours lire et signer l'appel pr&#233;sentant ce nouvel espace de r&#233;flexion, et nous envoyer vos contributions : bilan d'une lutte, compte-rendu d'un congr&#232;s, partage d'une pratique qui fonctionne, &#233;tat des lieux des r&#233;flexions syndicales sur un sujet, note de lecture, etc. Le format des contributions est assez libre : courte note de blog, article plus fouill&#233;, interview, etc.
L'&#233;quipe d'animation joue le r&#244;le de comit&#233; &#233;ditorial et est en charge de mettre les contributions re&#231;ues en ligne apr&#232;s un &#233;ventuel &#233;change avec les auteur&#183;ices en cas de n&#233;cessit&#233; (mots-cl&#233;s et/ou titre manquant, signature, passages de l'article qui posent probl&#232;me, etc.).</description>
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		<title>Syndicalistes !</title>
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		<title>Fonctionnement de la CGT : quand les f&#233;d&#233;rations d'employ&#233;&#8901;es voulaient tout changer</title>
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		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Structuration</dc:subject>
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&lt;p&gt;Nous avons beaucoup publi&#233; au sujet des questions de structuration syndicale ici, mais le plus souvent &#224; partir de r&#233;flexions de militant&#8901;es de terrain, d'intiatives des structures territoriales ou bien en reprenant des diagnostics et propositions conf&#233;d&#233;rales. Une voix &#233;tait absente de ces textes : celle des f&#233;d&#233;rations, qui sont tout de m&#234;me les principales concern&#233;es par les changements propos&#233;s&#8230; Alors voici de larges extraits d'un &#233;change qui s'est tenu en 2013 entre les secr&#233;taires de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH67/2026-02-10_23-02-1770763052-2c7c9.png?1770764767' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='67' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons beaucoup publi&#233; au sujet des questions de structuration syndicale ici, mais le plus souvent &#224; partir de r&#233;flexions de militant&#8901;es de terrain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par ex. &#171; Structures syndicales : il y a urgence ! &#187;, en ligne.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'intiatives des structures territoriales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme les propositions de l'UD de Paris ou le syndicat inter-entreprises de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou bien en reprenant des diagnostics et propositions conf&#233;d&#233;rales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En particulier le rapport de la commission ad hoc, ou les extraits des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une voix &#233;tait absente de ces textes : celle des f&#233;d&#233;rations, qui sont tout de m&#234;me les principales concern&#233;es par les changements propos&#233;s&#8230; Alors voici de larges extraits d'un &#233;change qui s'est tenu en 2013 entre les secr&#233;taires de trois f&#233;d&#233;rations, issues de l'ex-f&#233;d&#233;ration des Employ&#233;s : la f&#233;d&#233;ration du Commerce, celle des Organismes sociaux (S&#233;curit&#233; sociale, mutuelles&#8230;) et celle des Banques et assurances&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet &#233;change a donn&#233; lieu &#224; une brochure dont sont tir&#233;es toutes les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous reproduisons ici de larges extraits de cette discussion, organis&#233;e &#224; l'occasion du 120&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de la cr&#233;ation de la f&#233;d&#233;ration CGT des Employ&#233;s, car ils sont d'une lucidit&#233; et d'une honn&#234;tet&#233; rare sur le fonctionnement r&#233;el de la CGT et sur certaines de ses impasses. Les &#233;changes vont bien au-del&#224; de l'auto-satisfaction qu'on voit parfois, et appuient &#171; l&#224; o&#249; &#231;a fait mal &#187;, l&#224; o&#249; la CGT est r&#233;ellement entrav&#233;e par son mode d'organisation : des champs f&#233;d&#233;raux en d&#233;calage complet vis-&#224;-vis du salariat r&#233;el, et un fonctionnement paralys&#233; par le dialogue social. Mais ce qu'il y a de bien &#224; poser clairement les obstacles, c'est qu'on peut commencer &#224; r&#233;fl&#233;chir aux moyens de les surmonter&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Combien de syndicats ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La f&#233;d&#233;ration des Employ&#233;s, dont on peut faire remonter la naissance &#224; 1893, se s&#233;pare en 1973 avec la cr&#233;ation de la f&#233;d&#233;ration du Commerce et des services puis en 1983 &#224; la f&#233;d&#233;ration nationale des Secteurs financiers d'une part (qui deviendra plus tard Banques et assurances), et &#224; la f&#233;d&#233;ration des Organismes sociaux d'autre part, avec la volont&#233; de mieux sp&#233;cifier les revendications et de mieux r&#233;pondre aux besoins des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1983, Eug&#232;ne Lavenant, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la nouvelle f&#233;d&#233;ration des Secteurs financiers, r&#233;sumait ainsi les d&#233;fi qui attendaient cette structure :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle f&#233;d&#233;ration compte 300 syndicats ou plut&#244;t 300 bases organis&#233;es. Sont-ils de v&#233;ritables syndicats, c'est-&#224;-dire des organisations bien structur&#233;es ayant un style de travail et un fonctionnement d&#233;mocratique d&#233;centralis&#233;s ? Combien de congr&#232;s ou d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de syndicats r&#233;ellement organis&#233;s et pr&#233;par&#233;s, c'est-&#224;-dire qui mettent &#224; jour un programme revendicatif et d'actions, qui &#233;lisent une direction syndicale ? Combien de syndicats ont une vie d&#233;mocratique intense avec des assembl&#233;es de syndiqu&#233;s r&#233;guli&#232;res et d&#233;centralis&#233;es, des r&#233;unions r&#233;guli&#232;res des organismes de direction ? Combien de syndicats ont une propagande adapt&#233;e avec une diffusion de masse de La Vie Ouvri&#232;re avec des bulletins de syndicalisation ? Il nous faut r&#233;pondre &#224; ces questions, trouver des r&#233;ponses sans crainte de dire les choses qui ne vont pas pour tenter de les am&#233;liorer.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Reprenant ces paroles, Patrick Lichau, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la f&#233;d&#233;ration Banques et assurances en 2013, ajoutait : &#171; Honn&#234;tement, nous n'avons pas beaucoup avanc&#233; et cent fois sur le m&#233;tier, nous allons devoir remettre l'ouvrage. &#187; Et pour cause : cr&#233;&#233;e avec 12 000 adh&#233;rent&#8901;es, avec une baisse jusqu'&#224; 6000, la f&#233;d&#233;ration n'en comptait de nouveau que 12 000 au moment de sa prise de parole (et &#224; peine autant auourd'hui), pour 700 000 salari&#233;&#8901;es sur son champ. La situation n'est gu&#232;re meilleure pour les organismes sociaux, qui comptent 18000 syndiqu&#233;&#8901;es r&#233;partis en 400 syndicats pour un champ de taille &#233;quivalente. Pour le Commerce, on arrive 40 000 syndiqu&#233;&#8901;es dont la moiti&#233; sans syndicat, pour 4,5 miillions de salari&#233;&#8901;es&#8230; Autant dire que la &#171; d&#233;centralisation &#187; de la f&#233;d&#233;ration des Employ&#233;s n'a pas fait de miracle, et que la syndicalisation des employ&#233;&#8901;es est aujourd'hui particuli&#232;rement faible. Mais les &#233;changes entre secr&#233;taires de ces trois f&#233;d&#233;rations permettent de trouver des explications.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire bouger les fronti&#232;res f&#233;d&#233;rales&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re difficult&#233; pour ces f&#233;d&#233;rations est qu'elles sont organis&#233;es comme si la d&#233;limitation de leur p&#233;rim&#232;tre &#233;tait clair&#8230; alors qu'il est particuli&#232;rement flou et que chaque f&#233;d&#233;ration recoupe le p&#233;rim&#232;tre des deux autres sous de nombreux aspects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fronti&#232;res entre branches apparaissent impossibles &#224; d&#233;finir pr&#233;cis&#233;mment, et la r&#233;alit&#233; du salariat d'aujourd'hui semble marqu&#233;e par l'imbrication entre diff&#233;rentes branches, conventions collectives, groupes&#8230; Et l&#224;-dessus, la CGT n'a jamais su se mettre &#224; jour. Ainsi, beaucoup d'organismes financiers d&#233;pendent non de la f&#233;d&#233;ration Banques assurances, mais de la f&#233;d&#233;ration des Finances publiques : la Caisse des D&#233;p&#244;ts et consignation, la Banque de France, OSEO, la BPI&#8230; mais aussi le Cr&#233;dit foncier, pourtant filiale d'un groupe bancaire, ou CNP assurance, qui malgr&#233; le nom ne d&#233;pend donc pas de la f&#233;d&#233;ration Banques assurances. Les entreprises de l'automobile se dotent aussi de banques, que ce soit Renault ou PSA finances. La Banque Postale et ses filiales sont rattach&#233;es &#224; la F&#233;d&#233;ration des activit&#233;s postales. Les filiales bancaires des hypermarch&#233;s (Carrefour, Auchan, Leclerc) d&#233;pendent, elles, de la F&#233;d&#233;ration commerce et services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des mutuelles et assurances, Flora Fusille, en charge des mutuelles &#224; la f&#233;d&#233;ration des Organismes sociaux, observe tous les jours des regroupements d'assurances avec des groupes de protection sociale ou des mutuelles d'assurance avec des mutuelles : &#171; on ne sait plus du tout o&#249; on est &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me constat sur les centres d'appel, fait par Patrick Lichau : &#171; Aujourd'hui, toutes les professions ont des centres d'appels. On voit bien que sur ces centres d'appels, les salari&#233;s peuvent &#234;tre r&#233;gis par des conventions collectives diff&#233;rentes, avoir des statuts diff&#233;rents, pour autant, il y a quelque-chose qui les rassemble tous, c'est la question des conditions de travail. Les conditions de travail sont identiques ou quasiment identiques, qu'on soit sur un cente d'appel AXA assurances, Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale ou centre d'appel chez les cheminots, Air-France ou La Redoute. &#187; Il &#233;voquait alors des tentatives de travail en commun sur le sujet, mais il semble bien qu'elles aient fait long feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci peut donc appeler &#224; des boug&#233;s sur ce sujet fondamental, y compris en travaillant sur le plan revendicatif &#224; faire avancer le travail sur le nouveau statut du travail salari&#233; et la S&#233;curit&#233; sociale professionnelle, &#224; m&#234;me de permettre de construire des mobilisations au-del&#224; de l'entreprise ou de la branche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ces revendications, lire l'article d'Aur&#233;lien Catin, &#171; Revoir nos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Donc, on voit bien que les fronti&#232;res de 1983 bougent. Il me semble qu'il faut qu'on ait une grande r&#233;flexion sur : peut-on rester dans ces fronti&#232;res ? Peut-on continuer &#224; monter des murs et des barbel&#233;s entre nous alors que le paysage &#233;conomique bouge et que les salari&#233;s bougent ? Alors, cela ne n&#233;cessite pas forc&#233;ment de bouger les contours mais cela implique, au minimum, un travail commun sur les enjeux revendicatifs communs. [&#8230;] On essaie de travailler de mani&#232;re plus &#233;troite avec la FAPT sur La Banque Postale mais, honn&#234;tement, je pense qu'on avance pas assez vite. Par contre, c&#244;t&#233; patronal, je peux vous dire que les choses sont r&#233;gl&#233;es, ils si&#232;gent tous, tous, dans les m&#234;mes instances patronales. C&#244;t&#233; banques, &#224; la F&#233;d&#233;ration Bancaire fran&#231;aise, on retrouve le patronat bancaire classique, mais on retrouve La Banque Postale, la BPI, OSEO, etc. Donc eux, ils n'ont pas de difficult&#233;, nous, c'est beaucoup plus compliqu&#233;. Donc, je crois que les fronti&#232;res que nous avons su bouger en 1983 devront, dans un avenir prochain, alors je n'en sais rien, mais s&#251;rement &#234;tre revisit&#233;es. Est-ce qu'on verra, de nouveau, revivre la f&#233;d&#233;ration des employ&#233;s ? Je n'en sais rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, honn&#234;tement, je le dis, un peu de mani&#232;re brutale, on a, aujourd'hui, une organisation CGT qui se marche sur les pieds, qui n'est pas tr&#232;s efficace, autant se le dire entre nous et on doit se r&#233;interroger sans cesse sur comment on peut essayer d'avancer que ce soit au niveau professionnel ou interprofessionnel. On a besoin de rassembler les salari&#233;s sur des enjeux revendicatifs communs. Ils sont nombreux mais il y en a un sur lequel il y a, peut-&#234;tre, urgence &#224; travailler, c'est celui sur le nouveau statut de travail salari&#233; et d'une S&#233;curit&#233; sociale professionnelle sur laquelle il faut s&#251;rement avancer.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mich&#232;le Chay, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la f&#233;d&#233;ration du Commerce, reprend largement ces constats :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Comment on arrive, malgr&#233; ou gr&#226;ce &#224; notre organisation, &#224; aller ensemble et &#224; construire ce grand corps de masse qui permettra de faire peur au Medef et aux gouvernements successifs ? Je crois que la question est l&#224;. Est-ce qu'il faut bouger nos champs f&#233;d&#233;raux, quand on s'aper&#231;oit que, effectivement, dans chaque f&#233;d&#233;ration, on a des camarades qui pourraient relever d'autres f&#233;d&#233;rations ? Comment fait-on pour s'adapter ? Qu'est-ce qui est le plus n&#233;cessaire ? Est-ce qu'il est n&#233;cessaire de revenir peut-&#234;tre&#8230; on parlait de la f&#233;d&#233;ration des Employ&#233;s, on s'est aper&#231;u au fil de l'histoire et tout ce que vous avez d&#233;velopp&#233; ce matin, que l'organisation s'est scind&#233; en trois f&#233;d&#233;rations. Est-ce que maintenant c'est n&#233;cessaire ? Est-ce que c'est justifi&#233; pour nous, mais &#231;a peut &#234;tre aussi pour d'autres corps de m&#233;tier, je pense &#224; l'industrie&#8230; Est-ce que cette division, qui a permis d'avancer &#224; un moment donn&#233; de l&#8216;histoire&#8230; est-elle encore pertinente ? Quand on voit qu'&#224; l'int&#233;rieur de chaque f&#233;d&#233;ration, c'est plusieurs conventions et statuts diff&#233;rents. Nous, c'est 120 conventions collectives. C'est &#233;norme et cela rel&#232;ve de pr&#233;occupations qui sont tellement diverses et vari&#233;es, que je ne suis pas certaine qu'on arrive vraiment &#224; r&#233;pondre &#224; tout le monde, &#224; toutes les pr&#233;occupations de tous les syndiqu&#233;s de notre champ f&#233;d&#233;ral. C'est aussi ce genre de question qu'il faut se poser &#224; la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre r&#233;flexion syndicale doit &#233;voluer parce que le syndicalisme d'aujourd'hui n'est pas le m&#234;me que quand nous avons cr&#233;&#233; notre f&#233;d&#233;ration des employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Analyse &#233;galement partag&#233;e par Dominique Didier, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la f&#233;d&#233;ration des Organismes sociaux :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce que je ressens, c'est un v&#233;ritable enfermement. C'est-&#224;-dire qu'on se le dit et j'entends que &#231;a ne concerne pas que notre f&#233;d&#233;ration. Dans une situation tr&#232;s difficile, tr&#232;s dure, de crise, on a des syndicats qui s'enferment sur l'entreprise. On s'enferme dans nos f&#233;d&#233;rations et on est entra&#238;n&#233; et pouss&#233; plus l&#224;-dedans par une politique patronale que je trouve tr&#232;s bien construite.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Incroyable&#8230; les secr&#233;taires de 3 f&#233;d&#233;rations qui &#224; elles seules repr&#233;sentent 10 % des effectifs de la CGT, et dont le p&#233;rim&#232;tre recouvre plus du quart du salariat, s'accordent pour reconna&#238;tre que la d&#233;limitation de leurs f&#233;d&#233;rations respectives ne fait plus sens ! Comment est-il possible que plus de 10 ans apr&#232;s, rien n'ait chang&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;cloisonner les f&#233;d&#233;rations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On pourrait conclure des observations pr&#233;c&#233;dentes qu'on aurait affaire &#224; un simple probl&#232;me de trac&#233; : il faudrait d&#233;placer un peu les fronti&#232;res entre f&#233;d&#233;rations, et tout serait r&#233;gl&#233;. Mais pr&#233;cis&#233;mment, on l'a vu, le salariat bouge constamment et les branches et entreprises se retrouvent profond&#233;ment intriqu&#233;es entre elles, il n'y a plus de &#171; bonne &#187; d&#233;limitation. Alors, la rigidit&#233; et la duret&#233; de ces d&#233;limitations entre f&#233;d&#233;rations est peut-&#234;tre un probl&#232;me en soi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car lorsque Patrick Lichau &#233;voque des &#171; murs et des barbel&#233;s &#187; entre les f&#233;d&#233;rations de la CGT, ne serait-ce pas un peu fort ? Un autre intervenant, animateur du collectif jeunes de la f&#233;d&#233;ration Banques &amp; assurances, t&#233;moigne pourtant que non et exprime sa joie de retrouver des camarades de f&#233;d&#233;rations proches pour la premi&#232;re fois :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je connais &#171; bien entendu &#187; mes camarades au sein de la f&#233;d&#233;ration, mais je ne connais absolument pas les autres intervenants et on ne se m&#233;lange pas si facilement que &#231;a, &#224; la pause caf&#233;.[&#8230;] Je suis donc content de rencontrer les gens des autres f&#233;d&#233;rations, parce qu'on a beau tra&#238;ner dans les m&#234;mes couloirs et dans les m&#234;mes b&#226;timents, ce n'est pas pour cela qu'on va se voit, alors que parfois quelques m&#232;tres seulement nous s&#233;parent. Il n'y a pas besoin de penser qu'on est dans une autre ville ou dans un autre pays. Parfois, la porte d'&#224; c&#244;t&#233;, ce n'est d&#233;j&#224; pas la plus simple &#224; ouvrir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si ces camarades, qui passent l'essentiel de la semaine &#224; Montreuil, ne parviennent pas &#224; croiser d'autres camarades qui passent &#233;galement leur semaine dans le m&#234;me immeuble et parfois dans le m&#234;me couloir, alors on n'ose imaginer les rapports distants qu'ils et elles doivent entretenir avec les militant&#8901;es en UD qui n'ont jamais mis les pieds &#224; Montreuil&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armel Mah&#233;, membre de la direction f&#233;d&#233;rale de la f&#233;d&#233;ration Banques et assurances, ajoute un argument de fond &#224; la perspective de d&#233;cloisonnement des f&#233;d&#233;ration, &#224; partir du constat d'une unification du salariat employ&#233;, d'un point de vue sociologique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'un des supports importants, qui pourrait nous servir pour r&#233;fl&#233;chir &#224; cette &#233;volution et aussi sur la n&#233;cessit&#233; de travailler plus en commun, c'est le nouveau statut du travail salari&#233;. [&#8230;] Aujourd'hui, quelle est la r&#233;alit&#233; ? Un camarade disant : &#171; si on faisait une comparaison de ce qui se passe dans nos bo&#238;tes ? &#187; Je pense qu'aujourd'hui, la situation de ce qu'on nommait nagu&#232;re les employ&#233;s est quand m&#234;me relativement commune au-del&#224; de leur profession et de leur activit&#233; propre et qu'on a tout int&#233;r&#234;t &#224; travailler sur ce point-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais le syndicalisme de branche n'est-il pas un horizon ind&#233;passable ? N'y aurait-il pas des connaissances &#224; avoir pour s'adresser &#224; un secteur sp&#233;cifique ? L&#224;-dessus, l'exemple de la f&#233;d&#233;ration des employ&#233;s en fournit un excellent contre-exemple, de la bouche de Jean Levy, qui venait de la banque et faisait partie du bureau f&#233;d&#233;ral :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je voulais &#233;voquer, justement, que la f&#233;d&#233;ration n'&#233;tait pas simplement une juxtaposition de sections f&#233;d&#233;rales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La f&#233;d&#233;ratin comptait 4 sections f&#233;d&#233;rales : le Commerce et la S&#233;curit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et que nous avons, pendant longtemps, eu des activit&#233;s communes, je voudrais &#233;voquer, par exemple, avec H&#233;l&#232;ne Mabille, secr&#233;taire du commerce, et en tant que responsable de l'&#233;ducation et de la formation, nous allions directement sur place. Quand, &#224; l'&#233;poque, un grand magasin se syndiquait, c'&#233;tait mille adh&#233;sions le m&#234;me jour. Il fallait &#224; la fois expliquer ce qu'&#233;tait la CGT et, d'autre part, que les vendeuses, que les employ&#233;s de commerce choisissent directement leur candidat pour des &#233;lections &#224; venir rapidement. C'&#233;tait un m&#233;lange de stages et d'organisations qui &#233;tait tr&#232;s fructueux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors que le but c'est de faire du syndicalisme, le fait de conna&#238;tre pr&#233;cis&#233;mment telle ou telle branche perd de son importance. Il faut des connaissances pr&#233;cises sur certains aspects du combat juridique (mais nul besoin que tout le monde s'y sp&#233;cialise)&#8230; mais la ma&#238;trise technique ultra-sp&#233;cialis&#233;e, c'est surtout le propre d'un syndicalisme de dialogue social, qui compense sa faiblesse d'ancrage r&#233;elle par une technicit&#233; &#233;crasante : il faut alors justifier qu'on ma&#238;trise bien, en virtuose de tel ou tel dispositifs, tous les points qu'il s'agit de discuter avec le patron.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir du dialogue social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; que le b&#226;t blesse. Ces trois f&#233;d&#233;rations apparaissent largement prises dans le dialogue social, certes sur un mode oppositionnel (&#171; on ne signe pas et on gueule &#187;), mais sans mobilisation r&#233;elle des salari&#233;&#8901;es, &#231;a reste du dialogue social&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique Didier, de la f&#233;d&#233;ration Organismes sociaux, fait ainsi le constat lucide d'une impasse du fonctionnement syndical actuel de la CGT : un syndicalisme qui rejette la concertation sociale mais qui se trouve en r&#233;alit&#233; compl&#232;tement englu&#233; dans celle-ci, et peine &#224; imaginer d'autres voix. La militante donne ainsi un aper&#231;u in&#233;dit de ce qui occupe les semaines de quantit&#233; de permanent&#8901;es f&#233;d&#233;raux, et d&#233;montre de mani&#232;re implacable que nous sommes de ce point de vue dans une impasse. Seule alternative : &#171; passer le cran au-dessus &#187; dans les luttes en construisant des mobilisations largement suivies, &#224; quelque &#233;chelle que ce soit (service, entreprise, groupe, branche, secteur, interpro&#8230;) pour parvenir &#224; gagner au moins des luttes locales qui enclenche une dynamique positive et redonne des perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Nous, on a des semaines o&#249; on a deux r&#233;unions paritaires nationales par jour. Il y a des groupes de travail, des machins, des trucs et on tourne en rond pendant des apr&#232;s-midi enti&#232;res avec d'autres organisations syndicales qui sont tr&#232;s bien l&#224;-dedans parce que &#231;a les occupe n'ayant rien d'autre &#224; faire. Des syndicats &#224; la base qui nous disent &#171; mais si vous &#234;tres l&#224;, si vous discutez, c'est que vous faites quelque-chose donc qu'est-ce qu'il en sort, est-ce qu'on avance, qu'est-ce que vous faites l&#224;-haut ? &#187; Et cela pourrait tourner sur soi-m&#234;me pendant des mois et des ann&#233;es si on laisse faire. &#192; quel moment dit-on stop ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cheminement on offre aucune perspective parce qu'on discute toujours de la m&#234;me chose et six mois apr&#232;s, dix mois apr&#232;s, on arrive &#224; un protocole compl&#232;tement vide. On dit qu'on ne le signera pas, cela on est habitu&#233; et les autres disent qu'ils le signent parce que, de toute fa&#231;on, ils n'existent pas s'ils ne signent pas surtout avec les menaces qui p&#232;sent sur leur repr&#233;sentativit&#233;. Leur seule existence c'est la signature, et on est ainsi enferm&#233;s. Pour revenir sur ce qui a &#233;t&#233; dit sur ce qui se passe aujourd'hui pour les jeunes g&#233;n&#233;rations, pour un jeune syndiqu&#233; aujourd'hui, &#231;a ressemble &#224; quoi ce truc ? On les emm&#232;ne en r&#233;union paritaire, ils disent &#171; attends, &#231;a ressemble &#224; rien &#187;. Qu'est-ce qu'on leur offre et qu'est-ce qu'on leur donne ? Je pense qu'on a une responsabilit&#233;. Je dirai, moi, &#171; il faut ouvrir les portes, les fen&#234;tres et mettre de l'air l&#224;-dedans et il faut, peut-&#234;tre, arr&#234;ter &#187;. Oui, on r&#233;cuse l'expression partenaires sociaux. J'ai quand m&#234;me l'impression qu'on est un peu enferm&#233;s dedans. On va en r&#233;union paritaire. C'est rigolo ? Non&#8230; c'est affreux. Donc de temps en temps, on claque la porte. On s'en va parce que cela d&#233;passe les bornes et &#231;a fit la soupape de s&#233;curit&#233;. Cela ne suffit pas.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Par contre aujourd'hui se multiplient dans nos professions, en tout cas pour ce qui nous concerne, des luttes locales qui d&#233;bouchent de moins en moins parce qu'on est dans un logique de restriction budg&#233;taire, Bercy a ferm&#233; tous les robinets. Si on ne passe pas le cran au-dessus, on n'ira pas bien loin. Donc, comment on sort de cet enfermement ? Et je pense que si on ne sort pas de tout cela, on ne va pas offrir de v&#233;ritables perspectives aux jeunes syndiqu&#233;s, aux jeunes militants. Si on ne leur offre pas de perspectives de luttes et de victoires, ils vont se le dire, et &#224; un moment ils vont prendre la barre et faire autre chose mais on est dans une situation o&#249; j'ai quelquefois l'impression qu'on tourne en rond.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En repartant des m&#234;mes constats, Patrick Lichau en vient &#224; plaider pour un syndicalisme non de branche, tant le patronat a d&#233;sormais fa&#231;onn&#233; le d&#233;coupage des branches &#224; son avantage, mais un syndicalisme qui op&#232;re &#224; une &#233;chelle qui permette d'unifier les salari&#233;&#8901;es, m&#234;me si elle n'a pas de r&#233;alit&#233; administrative ou institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on n'a pas les forces syndicales suffisantes. M&#234;me si on continue &#224; progresser en nombre d'adh&#233;rents, on est sur un rythme qui n'est absolument pas satisfaisant. Donc, 12 000 adh&#233;rents pour 700 000 salari&#233;s, voil&#224;, les chiffres sont brutaux, &#231;a fait mal, m&#234;me si on peut se satisfaire d'&#234;tre remont&#233; de 6 000 &#224; 12 000, peut-&#234;tre, c'est bien, mais il faut qu'on acc&#233;l&#232;re ce rythme de renforcement de la CGT et il faut qu'on arrive &#224; travailler autrement dans la CGT. Donc, j'ai d&#233;j&#224; employ&#233; l'expression d&#233;cloisonner la CGT. Aujourd'hui, on constate que du fait qu'on soit sur la d&#233;fensive, nous avons tendance &#224; nous laisser enfermer par les fronti&#232;res de chaque entreprise. Du c&#244;t&#233; du patronat, ils ont assez bien compris la man&#339;uvre parce que c'est assez simple aujourd'hui. Il suffit de multiplier le nombre de r&#233;unions, sur un m&#234;me sujet on peut faire cinq, dix r&#233;unions de CE ou cinq ou dix r&#233;unions de n&#233;gociations, des commissions ad hoc, des commissions de travail, donc c'est l'occasion r&#234;v&#233;e pour occuper les militants syndicaux. Pendant qu'ils sont dans des r&#233;unions de n&#233;gociations, ils ne sont pas sur le terrain et ont une tendance &#224; se laisser embarquer dans cette d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;On n'est pas n&#233;cessairement sur la d&#233;fensive, y compris &#224; la CGT, on a un certain nombre de projets qu'on porte et de pistes revendicatives importantes comme la revendication novatrice qui est celle du nouveau statut du travail salari&#233; ou de la s&#233;curit&#233; sociale professionnelle. On a l&#224; deux sujets qui permettent de d&#233;passer les fronti&#232;res entre nous, de travailler tous ensemble &#224; la CGT et je pense que, malheureusement on a pas su les saisir convenablement ces derni&#232;res ann&#233;es. Aujourd'hui, du c&#244;t&#233; &#187; du patronat, ils sont en train de multiplier le nombre de conventions collectives. On a quasiment, chaque mois, une nouvelle convention collective qui appara&#238;t. On cr&#233;e des conventions collectives pour un tout petit nombre de salari&#233;s. C'est un moyen de division, trouv&#233; par le patronat aujourd'hui en multipliant le nombre de ces conventions colectives. Si je regarde c&#244;t&#233; banques, on a la convention collective des banques priv&#233;es mais, &#224; c&#244;t&#233;, on a eu, par exemple, la cr&#233;ation du groupe Banque Populaire-Caisse d'&#201;pargne avec sa propre convention collective, Banque Populaire n'a rien trouv&#233; de mieux que de cr&#233;er sa propre convention collective. Donc, on a une multiplication des conventions collectives. Mich&#232;le pourrait en parler mieux que moi, je crois qu'elle en a un peu plus de 120 dans sa f&#233;d&#233;ration. Donc, on a un morcellement des textes ce qui fait que, y compris dans la CGT, aujourd'hui, on a les pires difficult&#233;s &#224; g&#233;rer cette question-l&#224;. Un des moyens de le contourner, c'est d'essayer d'avancer sur le nouveau statut du travail salari&#233;. Donc, on n'est pas oblig&#233; d'&#234;tre sans arr&#234;t sur la d&#233;fensive. L&#224;, on a un projet offensif. Il faut qu'on arrive &#224; le valoriser et &#224; le construire et qu'on mette dans l'action l'ensemble de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On le voit, la discussion sur la structuration ne peut &#234;tre d&#233;connect&#233;e d'une r&#233;flexion sur les buts du syndicalisme. Pour le dialogue social, le syndicalisme d'entreprise ou de branche (qui serait certes un progr&#232;s par rapport au syndicalisme d'entreprise&#8230; sauf quand certaines entreprises ont fa&#231;onn&#233; leur propre branche comme dans la banque) convient parfaitement, et de CSE en commission paritaire, les f&#233;d&#233;rations pourront vivoter bien au chaud des subventions qu'elles re&#231;oivent. Pour un syndicalisme de classe ou de luttes, en revanche, il faut ouvrir la r&#233;flexion, et se fixer des priorit&#233;s. Sachant que dans un contexte o&#249; le patronat est particuli&#232;rement offensif, il faudra mobiliser largement pour gagner vraiment, nous devons imaginer une structuration qui permet une syndicalisation massive&#8230; et donc une pr&#233;sence au plus pr&#232;s des salari&#233;&#8901;es, sur chaque territoire. Chacune des trois f&#233;d&#233;rations cit&#233;es ici est-elle en capacit&#233; d'exister dans chaque UD, pour y coordonner l'activit&#233; de ses sections et syndicats et fournir un premier accueil aux nouveaux adh&#233;rent&#8901;es ? Non, loin de l&#224;, et pour y arriver il faudra n&#233;cessairement mutualiser les forces, que ce soit par un retour &#224; la f&#233;d&#233;ration des Employ&#233;s ou autre chose. Mais ce sera l'occasion de sortir la t&#234;te de l'entreprise et de la branche, pour reprendre les bases : aller au contact des salari&#233;&#8901;es, construire ses objectifs revendicatifs sans se les faire imposer par l'ordre du jour patronal, et se mettre en campagne jusqu'&#224; les gagner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par ex. &#171; Structures syndicales : il y a urgence ! &#187;, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/structures-syndicales-il-y-a-urgence' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme les &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/la-cgt-paris-s-empare-du-debat-sur-la-sructuration' class=&#034;spip_in&#034;&gt;propositions&lt;/a&gt; de l'UD de Paris ou le &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/face-a-l-inertie-des-structures-de-la-cgt' class=&#034;spip_in&#034;&gt;syndicat inter-entreprises&lt;/a&gt; de l'UL de Lorient.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En particulier le rapport de la &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/evolution-des-structures-de-la-cgt-le-rapport-de-la-commission-ad-hoc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;commission ad hoc&lt;/a&gt;, ou les extraits des congr&#232;s conf&#233;d&#233;raux de &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/1999-innover-dans-les-formes-d-organisation-decongeler-les-structures-de-la-cgt' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1999&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/2003-charte-de-la-vie-syndicale-decongeler-les-structures-de-la-cgt-2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2003&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/48e-congres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2006&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/49e-congres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2009&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/50e-congres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2013&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/51e-congres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2016&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/2019-au-dela-du-syndicat-decongeler-les-structures-de-la-cgt-7' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2019&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/2023-la-cgt-ne-peut-plus-attendre-decongeler-les-structures-de-la-cgt-8' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2023&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet &#233;change a donn&#233; lieu &#224; une brochure dont sont tir&#233;es toutes les citations de cet article : Institut d'histoire sociale des Employ&#233;s, &lt;i&gt;Journ&#233;e d'&#233;change 120&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire f&#233;d&#233;ration des Employ&#233;s et cadres CGT &#8211; 1893-2013&lt;/i&gt;, 2014. Pour un bref historique de cette f&#233;d&#233;ration et de ses principales luttes, lire Jeanne Siwek-Pouydesseau, &#171; Les employ&#233;s et les fonctionnaires CGT &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Elyane Bressol, Michel Dreyfus, Jo&#235;l Hedde and Michel Pigenet (dir.), &lt;i&gt; La CGT dans les ann&#233;es 1950 &lt;/i&gt;, Presses universitaires de Rennes, 2015, &lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pur/18931&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ces revendications, lire l'article d'Aur&#233;lien Catin, &#171; Revoir nos priorit&#233;s. Les luttes au travail dans leur dimension politique &#187;, mars 2025, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/revoir-nos-priorites-les-luttes-au-travail-dans-leur-dimension-politique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La f&#233;d&#233;ratin comptait 4 sections f&#233;d&#233;rales : le Commerce et la S&#233;curit&#233; sociale (les plus fournies), les Banques et les Assurances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Comit&#233; d'entreprise contre syndicat</title>
		<link>https://www.syndicalistes.org/comite-d-entreprise-contre-syndicat</link>
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		<dc:date>2025-11-08T18:09:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Dufour</dc:creator>


		<dc:subject>Dialogue social</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les instances repr&#233;sentatives du personnel ont remplac&#233; les syndicats. C'est la th&#232;se d'un article pr&#233;monitoire publi&#233; par le sociologue Christian Dufour en 1990. Il montre comment les instances repr&#233;sentatives du personnel tendent &#224; remplacer la section syndicale. Cons&#233;quence : les syndicalistes en entreprise sont d'abord des &#233;lu&#8901;es, qui sont d'abord dans une logique &#233;lectoraliste vis-&#224;-vis des salari&#233;&#8901;es. La section syndicale, qui, elle, repr&#233;sente le syndicat ext&#233;rieur (CGT, Sud, CFDT&#8230;) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH81/cheque-cse-michelin-0e867.webp?1762625743' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;Remise de ch&#232;que par le CE de Michelin&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les instances repr&#233;sentatives du personnel ont remplac&#233; les syndicats. C'est la th&#232;se d'un article pr&#233;monitoire publi&#233; par le sociologue Christian Dufour en 1990&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Comit&#233;s d'entreprise contre syndicat &#187;, CFDT Aujourd'hui n&#176; 98, octobre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il montre comment les instances repr&#233;sentatives du personnel tendent &#224; remplacer la section syndicale. Cons&#233;quence : les syndicalistes en entreprise sont d'abord des &#233;lu&#8901;es, qui sont d'abord dans une logique &#233;lectoraliste vis-&#224;-vis des salari&#233;&#8901;es. La section syndicale, qui, elle, repr&#233;sente le syndicat ext&#233;rieur (CGT, Sud, CFDT&#8230;) dans l'entreprise, se trouve ainsi r&#233;duite &#224; un r&#244;le tr&#232;s secondaire : les &#233;quipes syndicales restent cantonn&#233;es &#224; l'entreprise et n'ont que peu de lien avec leur organisation syndicale plus large. La logique de rapport de force (qui permet de n&#233;gocier et obtenir des am&#233;liorations avec l'employeur) se trouve remplac&#233;e par une logique d'&#171; information &#187; : on relaie aux salari&#233;&#8901;es les informations obtenues en Comit&#233; d'Entreprise, mais sans trop d'espoir d'avoir une prise dessus. Ce qui est alors port&#233; dans l'entreprise n'est plus le fruit de ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; d&#233;mocratiquement dans le syndicat, mais plut&#244;t ce qui va permettre d'&#234;tre r&#233;&#233;lu&#8901;e aux prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la publication de l'article, et comme pr&#233;dit par celui-ci, les diff&#233;rentes instances ont &#233;t&#233; rapproch&#233;es puis fusionn&#233;es en 2017 (le CSE &#8211; Comit&#233; social et &#233;conomique &#8211; actuel est la fusion des D&#233;l&#233;gu&#233;&#8901;e du personnel, du CE &#8211; Comit&#233; d'entreprise &#8211; et du CHSCT &#8211; Comit&#233; hygi&#232;ne, s&#233;curit&#233; et conditions de travail)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir aussi l'analyse plus r&#233;cente et plus d&#233;velopp&#233;e &#8211; et tout aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette dynamique ne fait que s'approfondir depuis les ann&#233;es 1990 : les sections syndicales sont de plus en plus repli&#233;es sur un noyau d'&#233;lu&#8901;es, avec peu d'existence propre en tant que syndicat, quelle que soit l'&#233;tiquette. L'article sugg&#232;re toutefois une piste pour sortir de cette spirale du repli sur l'entreprise : avoir des espaces o&#249; les salari&#233;&#8901;es puissent discuter de &#171; leurs objectifs et de leurs revendications globales &#187;. Il s'agit donc de (re)cr&#233;er des lieux de r&#233;union, de d&#233;bats o&#249; ce que les &#233;lu&#8901;es vont n&#233;gocier soit discut&#233; au-del&#224; de chaque entreprise, en mettant autour de la table les &#233;quipes syndicales de plusieurs entreprises&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les pistes esquiss&#233;es dans l'article &#171; Faire conf&#233;d&#233;ration dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est par un raccourci volontairement provocateur que Christian Dufour lance le d&#233;bat : &#171; La cohabitation des repr&#233;sentations &#233;lectives et syndicales dans l'entreprise est-elle &#224; mettre directement en lien avec la diminution des adh&#233;rent&#8901;es ? &#187; On le verra au cours de cet article, la question touche de plein fouet la viabilit&#233; des structures syndicales ext&#233;rieures &#224; l'entreprise.&#171; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repr&#233;sentation &#233;lue ou repr&#233;sentation syndicale ? Ce d&#233;bat presque aussi vieux que le syndicalisme ne cesse &#224; chaque &#233;poque de l'histoire des relations professionnelles de prendre de nouvelles formes, d'&#234;tre l'enjeu de nouveaux d&#233;bats. Il n'est pas question ici de tenter une r&#233;trospective, pratique ou th&#233;orique, sur un sujet qui met en jeu la d&#233;mocratie syndicale, la conception de la repr&#233;sentativit&#233;, ou &#171; tout simplement &#187; l'organisation interne des structures syndicales. Il s'agit de poser quelques questions permettant de r&#233;fl&#233;chir aux hypoth&#232;ses d'avenir. Elles partent de constats op&#233;r&#233;s &#224; travers la fr&#233;quentation &#8211; depuis une dizaine d'ann&#233;es et &#224; divers titres &#8211; des structures de repr&#233;sentation dans les entreprises fran&#231;aises. Elles s'appuient aussi sur un d&#233;but de travail de recherche comparatif entre ces structures de repr&#233;sentation dans quelques pays &#233;trangers, tout particuli&#232;rement la RFA (R&#233;publique f&#233;d&#233;rale d'Allemagne). Cette approche ne se veut rien d'autre qu'une contribution au d&#233;bat sur l'adaptation du syndicalisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si l'article ne fait pas r&#233;f&#233;rence aux lois Auroux, on n'en ignore pas pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour provoquer la r&#233;flexion on pourrait r&#233;sumer la question pos&#233;e de la fa&#231;on suivante : la cohabitation des repr&#233;sentations &#233;lectives et syndicales dans l'entreprise est-elle &#224; mettre directement en relation avec la diminution des adh&#233;rents ? On voudrait faire ici l'hypoth&#232;se que les difficult&#233;s du syndicalisme dans les entreprises tiennent beaucoup &#224; des facteurs institutionnels et &#224; des enjeux strat&#233;giques autour de ces institutions. Plus pr&#233;cis&#233;ment, on voudrait soumettre au d&#233;bat l'id&#233;e que l'&#233;volution des r&#244;les r&#233;ciproques des instances de repr&#233;sentation est un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif dans le devenir du syndicalisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des structures confuses pour un syndicalisme transparent ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me fran&#231;ais de repr&#233;sentation salariale dans les entreprises (priv&#233;es et de taille moyenne ou grande) se pr&#233;sente comme une sorte d'empilement de structures qui se chevauchent, se c&#244;toient et se concurrencent, m&#234;me si th&#233;oriquement les r&#244;les des unes et des autres sont bien d&#233;finis. La d&#233;l&#233;gation du personnel, le comit&#233; d'entreprise et ses commissions, et la repr&#233;sentation syndicale, du point de vue formel, devraient parvenir &#224; une cohabitation harmonieuse. Le l&#233;gislateur, plus juriste que syndicaliste ou sociologue, s'est pr&#233;occup&#233; d'&#233;viter les empi&#233;tements de comp&#233;tence. Il semble bien que dans la r&#233;alit&#233; il n'en aille pas ainsi. L'inconscient des structures, ici le fait que les syst&#232;mes de repr&#233;sentation aient bien &#233;t&#233; con&#231;us pour se faire pi&#232;ce les uns aux autres, finit toujours par ressortir. Et derri&#232;re la r&#233;partition des r&#244;les des instances les unes par rapport aux autres se manifestent des questions plus fondamentales sur le type de syndicalisme qu'elles incitent &#224; mener de fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut constater d'abord que la pr&#233;cipitation des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales favorise dans l'entreprise le rapport de client&#232;le (entendu au sens non p&#233;joratif) plut&#244;t que la participation active des salari&#233;s. La concurrence fait d'ailleurs partie de cette relation client&#233;laire : concurrence entre organisations syndicales, la plus &#233;vidente, et concurrence entre les structures elles-m&#234;mes. Plus les institutions deviennent anciennes, et moins il est certain que la majorit&#233; des salari&#233;s fasse la distinction entre les diff&#233;rentes formes de repr&#233;sentation. Sous le terme de &#171; syndicat &#187; on comprend g&#233;n&#233;ralement aussi bien les instances de repr&#233;sentation &#233;lues que les instances syndicales au sens propre. Donc, &#224; partir du moment o&#249; l'on dispose d'un comit&#233; d'entreprise et de d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel, on se demande &#224; quoi peut bien servir une section, sinon &#224; alimenter des listes &#233;lectorales&#8230; et la division des salari&#233;s par contrecoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les r&#244;les des institutions les confusions sont aussi faciles. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel et les comit&#233;s d'entreprise ne sont pas destin&#233;s &#224; remplir des t&#226;ches identiques, certes. Mais les &#233;lecteurs sont les m&#234;mes, et les candidats souvent aussi. La division du travail de repr&#233;sentation a-t-elle une justification technique tellement forte, aux yeux des salari&#233;s en tout cas, qu'elle n&#233;cessite des l&#233;gitimations diversifi&#233;es par des &#233;lections r&#233;p&#233;t&#233;es et rapproch&#233;es ? Dans ce rapport concurrentiel de &#171; client&#232;le &#187;, le comit&#233; d'entreprise b&#233;n&#233;ficie d'avantages non n&#233;gligeables qui lui permettent d'acqu&#233;rir &#233;ventuellement un r&#244;le pr&#233;&#233;minent. Les moyens dont il dispose pour d&#233;velopper des formes de &#171; socialisation &#187; du personnel (activit&#233;s sociales et culturelles, prestations et aides diverses), le r&#244;le qui lui est attribu&#233; dans la collecte et la discussion de l'information sur la vie de l'entreprise, la r&#233;gularit&#233; m&#234;me de son fonctionnement en font un lieu &#224; fort potentiel dans la vie de l'entreprise. Il faut souligner ce terme de potentiel, parce qu'il signifie qu'il n y a pas d'automaticit&#233; entre les moyens disponibles et les moyens mis en &#339;uvre. Beaucoup de CE en sont encore &#224; se battre pour obtenir un minimum de moyens financiers pour les activit&#233;s sociales et culturelles. Mais l'&#233;cart de moyens entre CE ne constitue pas une nouveaut&#233;. Par contre, le renforcement du r&#244;le des CE, en tout cas de certains CE, est aujourd'hui une &#233;vidence de la vie syndicale. Ce renforcement dans un contexte d'affaiblissement du syndicalisme &#171; repr&#233;sentatif &#187; n'est pas que le fruit du hasard. Il est porteur de modifications substantielles dans la vie syndicale et de contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; L'&#233;volution des enjeux autour des institutions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps, les employeurs ont soigneusement &#233;vit&#233; que les CE n'exercent la totalit&#233; des r&#244;les qu'ils pouvaient tenir. C'est l'&#233;poque pendant laquelle les organisations syndicales tentaient d'obtenir leur reconnaissance dans l'entreprise : jusqu'en 1968. Il y avait alors souvent simultan&#233;it&#233; entre la constitution d'un CE ou l'&#233;lection de d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel, et l'apparition du syndicat dans l'entreprise (ceci est toujours vrai dans nombre de situations). Avec l'obtention de la reconnaissance du syndicalisme dans l'entreprise le paysage institutionnel se modifie, m&#234;me s'il faut de longues ann&#233;es pour que les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux s'implantent largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la mobilisation d'apr&#232;s 1968 conduit &#224; une augmentation tr&#232;s rapide du nombre de CE, alors que leur effectif v&#233;g&#233;tait depuis la phase de cr&#233;ation. Ils &#233;taient d'ailleurs encore souvent l'objet d'un grand d&#233;sint&#233;r&#234;t. C'est ainsi qu'au minist&#232;re du Travail, on ne d&#233;comptait pas les r&#233;sultats &#233;lectoraux des CE jusqu'en 1964. Dans les organisations syndicales, le CE &#233;tait souvent assimil&#233; aux &#171; &#339;uvres sociales &#187; qu'il dispensait, et consid&#233;r&#233; comme un mal n&#233;cessaire avec lequel il fallait &#233;viter de perdre trop d'un temps militant, pr&#233;cieux et rare. La p&#233;riode de forte conflictualit&#233; qui marque le d&#233;but des ann&#233;es 1970, le plein emploi et les augmentations de salaires qui l'accompagnent laissent aux comit&#233;s une place restreinte. Ils servent beaucoup, dans la strat&#233;gie syndicale, &#224; doter les militants d'une protection partielle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les CE : lieux des d&#233;bats strat&#233;giques ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle p&#233;riode s'ouvre pour eux avec la crise &#233;conomique au milieu des ann&#233;es 1970. Tout particuli&#232;rement les droits d'information &#233;conomique vont devenir l'un des enjeux essentiels de la vie syndicale alors que, jusqu'&#224; cette &#233;poque, ils &#233;taient tr&#232;s largement sous-utilis&#233;s. Les licenciements, les restructurations, etc. transforment les CE en lieux de d&#233;bats strat&#233;giques, m&#234;me si c'est pour constater la pauvret&#233; ou le retard de l'information fournie. Ce qui est important, c'est que dans cette enceinte, les discussions sur l'avenir vont tendre &#224; se localiser et &#224; se d&#233;velopper. Les t&#226;ches de conqu&#234;te de l'information &#233;conomique deviennent primordiales parce qu'elles conditionnent directement l'action syndicale de plus en plus centr&#233;e sur l'emploi et sa pr&#233;servation. Dans une phase o&#249; les n&#233;gociations &#171; positives &#187; pour les salari&#233;s vont se rar&#233;fier, o&#249; les d&#233;bats vont souvent concerner des th&#232;mes peu susceptibles d'aboutir &#224; des accords formalis&#233;s (licenciements, remodelages organisationnels, etc.), les fonctions attribu&#233;es aux d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux vont tendre au contraire &#224; se r&#233;duire &#224; leur plus simple expression. Dans nombre de bilans sociaux o&#249; figurent des informations relatives aux r&#233;unions des repr&#233;sentants &#233;lus ou d&#233;sign&#233;s on peut mesurer l'&#233;cart entre la fr&#233;quence des r&#233;unions de CE et celles de d&#233;l&#233;gu&#233; syndical ou m&#234;me de d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel. C'est aussi le moment o&#249; les probl&#232;mes internes aux entreprises vont l'emporter sur les enjeux externes, et o&#249; les fonctions d'information vont gagner en importance, parfois faute de capacit&#233; de r&#233;action aux initiatives patronales. La conqu&#234;te de l'information &#233;conomique sert parfois de cache-mis&#232;re &#224; l'&#233;chec des mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pourrait n'y avoir dans tout cela qu'un simple changement de &#171; moyen ou de terrain de lutte &#187; ne modifiant pas les responsabilit&#233;s des uns ou des autres. Apr&#232;s tout, les m&#234;mes personnes si&#232;gent tr&#232;s souvent dans les diverses instances. On sait que ce sont les entreprises les plus syndicalis&#233;es qui font le plus appel aux r&#244;les &#233;conomiques et informatifs des CE. On pourrait aussi penser qu'il ne s'agit que d'une phase transitoire. Mais dans les jeux institutionnels de ce type le changement de terrain indique souvent aussi un changement dans la hi&#233;rarchie des fonctions institutionnelles. Si ce sont bien les m&#234;mes personnes qui sont appel&#233;es &#224; si&#233;ger ici ou l&#224;, elles si&#232;gent pour exercer des r&#244;les diff&#233;rents, et ces r&#244;les sont endoss&#233;s de fait, m&#234;me si les salari&#233;s qui les tiennent ont simplement l'impression de compenser par leur pr&#233;sence multiple les carences d'un syst&#232;me qui scinde le lieu d'information du lieu de d&#233;cision. Avec le temps et les changements de responsables, les pratiques anciennes disparaissent des m&#233;moires, et les nouveaux sont form&#233;s &#224; travers des sch&#233;mas op&#233;ratoires qui n'incluent pas les priorit&#233;s sur lesquelles les anciens s'&#233;taient socialis&#233;s dans le syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation de principe de la pr&#233;&#233;minence d'une instance sur l'autre (la section par rapport au CE par exemple) ne suffit pas &#224; forcer les logiques institutionnelles. &#192; la longue, ce sont toujours les plus &#171; utiles &#187; qui l'emportent. Il n'y a aucune institution qui soit, par nature, plus strat&#233;gique qu'une autre. Ce sont les circonstances et les strat&#233;gies de l'un ou l'autre des acteurs, pour peu qu'ils en aient une, qui vont en d&#233;cider, en vivifiant ou en d&#233;vitalisant telle ou telle instance. Car en choisissant l'un ou l'autre lieu, on s&#233;lectionne son interlocuteur, on le fa&#231;onne partiellement. Il n'est pas indiff&#233;rent pour un employeur de discuter de salaires avec des repr&#233;sentants syndicaux ou avec des &#233;lus du personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus concr&#232;tement, il n'est pas indiff&#233;rent au poids relatif des diff&#233;rentes structures que des discussions fr&#233;quentes s'instaurent lors de la remise d'informations au CE. Le processus d'information du CE le valorise, et peut conduire &#224; rendre relativement vides les processus de n&#233;gociation formelle. De la m&#234;me fa&#231;on qu'on a pu parler de &#171; gr&#232;ve froide &#187; pour d&#233;signer certaines formes larv&#233;es de conflits, on peut parler de &#171; n&#233;gociation froide &#187;, o&#249; il n'est pas n&#233;cessaire de conclure en bonne et due forme pour aboutir &#224; une d&#233;cision qui n'a pas besoin de s'afficher explicitement comme telle. Cela peut &#234;tre utile, m&#234;me si ce n'est pas reconnu explicitement comme tel, lorsque les salari&#233;s sont peu pr&#234;ts &#224; suivre les consignes syndicales, lorsque les principes syndicaux heurtent les int&#233;r&#234;ts de certains salari&#233;s (pr&#233;retraites, licenciements n&#233;goci&#233;s&#8230;) ou lorsque le nombre ou la qualit&#233; des victimes de certaines mesures ne suffit pas &#224; assurer une large r&#233;probation (d&#233;veloppement de la sous-traitance, int&#233;rim&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces probl&#232;mes sont parfois per&#231;us comme de simples questions de circulation de l'information entre &#233;lus d'une part et avec les non-&#233;lus membres d'une section syndicale d'autre part. Il s'agit de bien plus que cela. Outre les probl&#232;mes de choix entre institutions que nous &#233;voquions plus haut, les modifications actuellement perceptibles s'appuient aussi sur des changements politiques et sociologiques &#224; l'int&#233;rieur des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux logiques en comp&#233;tition&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que le droit syndicat eut &#233;t&#233; acquis, certains employeurs ont modifi&#233; petit &#224; petit leur strat&#233;gie &#224; l'&#233;gard des instances de repr&#233;sentation &#233;lues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'en faire des lieux d'affrontement permanents, ils ont tent&#233; d'en faire des lieux de confrontation organis&#233;e. Ils se sont appuy&#233;s plus ou moins consciemment sur la division du travail d&#233;sormais structurellement inscrite entre la repr&#233;sentation syndicale et la repr&#233;sentation &#233;lue. Ils ont &#233;t&#233; aid&#233;s pour cela par la longue p&#233;riode de tr&#232;s faible conflictualit&#233; qui a d&#233;but&#233; avec la mont&#233;e du ch&#244;mage et qui a r&#233;duit le r&#244;le des structures syndicales dans l'organisation &#171; offensive &#187; des salari&#233;s. Mais souvent ce changement de strat&#233;gie va aussi de pair avec des modifications dans la composition sociologique du personnel (diminution du nombre d'ouvriers au profit des cols blancs) ayant des cons&#233;quences sur les &#233;quilibres &#233;lectoraux dans les instances repr&#233;sentatives &#233;lues et sur un renforcement de la concurrence syndicale. Il devient de plus en plus rare pour une seule organisation d'obtenir la majorit&#233; &#224; elle seule (quelle qu'elle soit).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie patronale est payante. On observe d'une part (m&#234;me s'il faudrait proc&#233;der &#224; des investigations plus rigoureuses que celles dont nous disposons pour &#234;tre tr&#232;s affirmatif sur ce sujet), qu'il tend &#224; s'op&#233;rer &#224; la longue un rapprochement entre telle cat&#233;gorie de salari&#233;s et telle organisation syndicale. Par le biais &#233;lectoral, et par le jeu des coll&#232;ges tout particuli&#232;rement les organisations deviennent de plus en plus prisonni&#232;res des fluctuations de leur &#171; client&#232;le &#187;, qui sait remarquablement sanctionner les &#233;carts de conduite des &#233;lus, &#224; travers les multiples scrutins offerts. Cela conduit &#224; un renforcement de la division syndicale. La sp&#233;cialisation technique entre &#233;tablissements dans le cas du CCE (Comit&#233; central d'entreprise), mais parfois aussi une simple logique d'opposition au syndicat majoritaire de la part de cat&#233;gories qui s'y trouvent faiblement repr&#233;sent&#233;es et qui refusent de s'identifier au groupe dominant servent de terreau &#224; cette division. D'autre part, les discussions en CE, face &#224; l'employeur, tendent alors &#224; devenir le moment privil&#233;gi&#233; de la confrontation/n&#233;gociation entre les repr&#233;sentants de cat&#233;gories/syndicats diff&#233;rents. Les alliances vont se faire et se d&#233;faire au fil des besoins. Celles conclues lors des moments cl&#233;s &#8211; telles la d&#233;signation au poste de secr&#233;taires et autres responsabilit&#233;s &#8211; ne se perp&#233;tuant pas toujours sans mal. Souvent, cependant, le CE devient un lieu qui peut se targuer d'obtenir des convergences syndicales tout &#224; fait impossibles &#224; imaginer &#224; l'ext&#233;rieur de cette structure entre les m&#234;mes organisations. On peut dans de cas se demander si les &#233;lus de telle entreprise seraient parvenus, en intersyndicale, &#224; l'accord trouv&#233; en CE. La division syndicale dans un CE, parce qu'elle repose partiellement sur des bases sociologiques et sur des enjeux &#233;lectoraux, ne r&#233;pond pas &#224; la m&#234;me logique que la division syndicale &#224; l'ext&#233;rieur de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fonction de n&#233;gociation intersyndicale non explicite que joue le CE pourrait avoir un r&#244;le globalement tr&#232;s positif si elle ne comportait pas un risque majeur : celui de tendre &#224; ne retenir que les int&#233;r&#234;ts et les questions internes &#224; l'entreprise, au d&#233;triment de toute autre consid&#233;ration. Les crit&#232;res d'&#233;valuation des mesures accept&#233;es ou propos&#233;es se font imm&#233;diatement &#224; l'aune des int&#233;r&#234;ts propres &#224; l'entreprise. Mais la l&#233;gitimit&#233; syndicale demeurant assur&#233;e pour les &#233;lus, il y a de plus en plus identification non critique entre les d&#233;cisions prises en CE et les positions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution des pratiques est d'autant plus difficile &#224; percevoir que l'activit&#233; men&#233;e en CE peut se d&#233;rouler sur un mode combatif, concret et argument&#233; sur des consid&#233;rations locales bien r&#233;elles. On peut se demander cependant si l'identit&#233; syndicale &#8211; quelle que soit au demeurant l'&#233;tiquette conf&#233;d&#233;rale qui lui est accol&#233;e &#8211; n'est pas en train de dispara&#238;tre, au profit de l'identit&#233; &#233;lective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, peu importe qu'un chat soit noir o&#249; gris s'il attrape les souris et que ce soit l'&#233;lu du CE ou le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical qui assure les t&#226;ches de n&#233;gociation r&#233;elles. Mais ce n'est pas impun&#233;ment que l'on privil&#233;gie telle ou telle fonction : &#224; terme, dans le processus de s&#233;lection des interlocuteurs, ce sont les structures et les acteurs qui exercent une fonction de fait qui seront retenus, et non des sch&#233;mas th&#233;oriques de responsabilit&#233;. Ult&#233;rieurement, la loi finira bien par sanctionner les pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cumuls de mandat peuvent momentan&#233;ment cacher qu'il y a des glissements de responsabilit&#233;s entre instances. Derri&#232;re ces glissements, il y a aussi des &#233;volutions de &#171; cercles de r&#233;f&#233;rence &#187;. L'&#233;lu au CE n'a pas le m&#234;me cercle de r&#233;f&#233;rence, pas la m&#234;me l&#233;gitimit&#233; &#224; respecter que le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical. Celle de ce dernier ne peut reposer &#233;ternellement sur la seule affirmation d'un r&#244;le reconnu dans les textes, mais qu'il n'exerce pas r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel type de repr&#233;sentation pour quelle strat&#233;gie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le choix d'une &#171; institution &#187; ou d'une autre pour traiter des questions importantes dans la vie syndicale, il y a un choix &#8211; &#233;lucid&#233; ou non &#8211; de strat&#233;gie et de mod&#232;le de syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choix est partiellement celui des organisations syndicales (ou des &#233;lus cens&#233;s les repr&#233;senter), en fonction de leurs orientations particuli&#232;res. Il est aussi souvent celui des employeurs qui peuvent d&#233;cider, aid&#233;s par la division syndicale mais aussi par la complexit&#233; du syst&#232;me de repr&#233;sentation, avec qui ils pr&#233;f&#232;rent discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, l'existence des CE et la richesse de leurs champs potentiels favorisent la strat&#233;gie patronale de n&#233;gociation dans l'entreprise. Il n'est pas certain que ce choix strat&#233;gique se justifie d'abord par une priorit&#233; accord&#233;e &#224; l'un des &#171; niveaux &#187; possibles de la n&#233;gociation. On peut aussi faire l'hypoth&#232;se que les employeurs choisissent un type possible de repr&#233;sentation salariale plut&#244;t qu'un autre. M&#234;me si finalement c'est le couplage entre type et niveau de repr&#233;sentation qui va permettre de s&#233;lectionner la configuration d'un syst&#232;me de n&#233;gociation. Les niveaux de n&#233;gociation &#8211; l'entreprise, la branche, la r&#233;gion, le national interprofessionnel&#8230; &#8211; sont d'abord des lieux de reconnaissance mutuels des interlocuteurs sociaux. Ils s'imposent plus pour des raisons d'ordre &#171; politique &#187; que pour des raisons d'ordre technique, m&#234;me si ces derni&#232;res interviennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'affaire des employeurs de d&#233;cider si cette strat&#233;gie donnant la priorit&#233; &#224; l'entreprise est adapt&#233;e ou non &#224; leurs objectifs. On peut penser que cela comporte &#224; long terme pour eux de forts inconv&#233;nients et que l'on s'interdit ainsi de mener une politique coh&#233;rente de gestion de la main-d'&#339;uvre d'un pays. Mais la faiblesse de leurs propres structures organisationnelles est aussi le signe de l'immaturit&#233; de leurs positions sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers un syndicalisme d'entreprise ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui concerne le syndicalisme de salari&#233;s, on peut tout simplement se demander comment il est possible, &#224; long terme, de faire vivre des structures syndicales externes aux entreprises, &#224; quelque niveau que ce soit, si les fonctions syndicales ne sont pas revaloris&#233;es &#224; l'int&#233;rieur, mais aussi, surtout, &#224; l'ext&#233;rieur des entreprises. Le repli sur l'entreprise conduit en effet tout droit &#224; la disparition d'une fonction essentielle justifiant le syndicalisme, celle de la n&#233;gociation entre salari&#233;s de leurs objectifs et de leurs revendications globales. Cette t&#226;che peut aussi &#234;tre remplie par d'autres que par les organisations syndicales : partis, &#201;tat. On entre alors dans une hypoth&#232;se o&#249; le syndicalisme devient de moins en moins conf&#233;d&#233;r&#233; ou f&#233;d&#233;r&#233; et de plus en plus particularis&#233; aux entreprises o&#249; il s'implante sans les d&#233;border. Cette hypoth&#232;se peut prendre des formes tr&#232;s variables, suivant le type d'entreprises de chaque secteur (petites et dispers&#233;es ou grandes et concentr&#233;es), suivant les r&#233;alit&#233;s et les traditions locales, suivant les termes de la concurrence syndicale. Mais, dans tous les cas, elle passe par un affaiblissement de ces niveaux de discussions internes au syndicalisme que sont les f&#233;d&#233;rations ou les structures interprofessionnelles. Elle se traduit au contraire par un renforcement des moyens directement disponibles pour les &#233;lus d'entreprise, que ces moyens restent internes &#224; l'entreprise (moyens d'information, documentation, permanents) ou communautaris&#233;s entre CE clients (associations ou cabinets d'experts sp&#233;cialis&#233;s&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hypoth&#232;se ? Mais les derniers r&#233;sultats des &#233;lections aux CE n'indiquent-ils pas que pour la premi&#232;re fois depuis leur cr&#233;ation ces institutions ont donn&#233; plus de voix aux candidats non syndiqu&#233;s qu'&#224; ceux regroup&#233;s dans la plus importante des conf&#233;d&#233;rations ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Comit&#233;s d'entreprise contre syndicat &#187;, &lt;i&gt;CFDT Aujourd'hui&lt;/i&gt; n&#176; 98, octobre 1990, p. 109-117.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir aussi l'analyse plus r&#233;cente et plus d&#233;velopp&#233;e &#8211; et tout aussi &#233;clairante &#8211; r&#233;alis&#233;e avec Adelheid Hege, &#171; Comit&#233;s d'entreprise et syndicats, quelles relations ? &#187;, &lt;i&gt;La Revue de l'Ires&lt;/i&gt;, n&lt;sup&gt;o&lt;/sup&gt; 59, vol. 4, p. 3-40, 2008, &lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-de-l-ires-2008-4-page-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir les pistes esquiss&#233;es dans l'article &#171; Faire conf&#233;d&#233;ration dans les territoires &#187;, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/faire-confederation-dans-les-territoires' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Si l'article ne fait pas r&#233;f&#233;rence aux lois Auroux, on n'en ignore pas pour autant l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobiliser ou n&#233;gocier ? Ou comment j'ai choisi mon syndicat</title>
		<link>https://www.syndicalistes.org/mobiliser-ou-negocier-ou-comment-j-ai-choisi-mon-syndicat</link>
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		<dc:date>2024-10-07T09:06:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aur&#233;lien Catin</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>CNT-SO</dc:subject>
		<dc:subject>Dialogue social</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je ne suis pas syndiqu&#233; &#224; la CGT. Je suis &#224; la CNT-SO, une petite conf&#233;d&#233;ration n&#233;e d'une scission de la CNT, principale actrice du syndicalisme libertaire en France et petite-ni&#232;ce de la fameuse CNT espagnole. &lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT compte deux syndicats d'artistes auteur&#183;ices : le syndicat national des auteur&#183;ices compositeur&#183;ices (Snac), une structure r&#233;actionnaire plus attach&#233;e aux organismes de gestion collective (OGC) qu'&#224; sa propre f&#233;d&#233;ration, et le syndicat national des artistes plasticien&#183;nes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/-organisation-s-" rel="directory"&gt;Organisation(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-culture-+" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-cnt-so-+" rel="tag"&gt;CNT-SO&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-dialogue-social-+" rel="tag"&gt;Dialogue social&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH85/cntcgt-b468f.jpg?1728292815' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je ne suis pas syndiqu&#233; &#224; la CGT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je l'ai &#233;t&#233; de 2018 &#224; 2020, &#224; un moment de ma vie o&#249; j'&#233;tais employ&#233; dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je suis &#224; la CNT-SO&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail &#8211; Solidarit&#233; ouvri&#232;re.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une petite conf&#233;d&#233;ration n&#233;e d'une scission de la CNT, principale actrice du syndicalisme libertaire en France et petite-ni&#232;ce de la fameuse CNT espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT compte deux syndicats d'artistes auteur&#183;ices : le syndicat national des auteur&#183;ices compositeur&#183;ices (Snac), une structure r&#233;actionnaire plus attach&#233;e aux organismes de gestion collective (OGC)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les OGC sont des soci&#233;t&#233;s civiles qui g&#232;rent des portefeuilles de droits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'&#224; sa propre f&#233;d&#233;ration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Curiosit&#233; syndicale, le Snac est affili&#233; &#224; la f&#233;d&#233;ration du spectacle sans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et le syndicat national des artistes plasticien&#183;nes (Snap), une orga camarade qui f&#233;d&#232;re essentiellement des artistes visuel&#183;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de me syndiquer en tant qu'auteur, il &#233;tait hors de question d'adh&#233;rer au Snac. Je veux bien tenter de changer les choses de l'int&#233;rieur mais je n'ai aucune envie de nettoyer les &#233;curies d'Augias. Je ne pouvais pas non plus rejoindre le Snap car je suis 1) nul en peinture, 2) pas graphiste et 3) incapable de sculpter m&#234;me de la mie de pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or &#224; cette &#233;poque apparut un petit syndicat prometteur dans le giron de la CNT-SO : le syndicat des travailleur&#183;ses artistes auteur&#183;ices (Staa), dont l'objectif &#233;tait d'obtenir une forme de r&#233;gime de l'intermittence pour les cr&#233;ateur&#183;ices de tous bords. J'en profite pour saluer les camarades qui ont pris cette initiative au printemps 2020, en particulier Marie Causse. Au sortir du premier confinement, le Snap commen&#231;ait tout juste &#224; se reconfigurer autour d'une perspective &#8211; que je partage mais qui restait floue &#8211; de &#171; S&#233;curit&#233; sociale totale &#187;. Nous &#233;changions beaucoup mais nos travaux en commun &#233;taient embryonnaires. Quand le Staa a point&#233; le bout de son nez, je n'ai pas h&#233;sit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas seulement une question de timing. En effet, la CGT a une tendance au conservatisme qui s'explique par sa longue et remarquable histoire. Pour le dire vite, c'est &#224; elle que nous devons la plupart des outils sur lesquels je m'appuie dans mon travail d'auteur et dans mon quotidien de militant : r&#233;gime g&#233;n&#233;ral de S&#233;curit&#233; sociale, statut des fonctionnaires, principe de continuit&#233; du salaire, etc. Elle a eu au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle un r&#244;le globalement r&#233;volutionnaire gr&#226;ce &#224; l'action de dizaines de milliers de syndicalistes qui pour beaucoup sont mort&#183;es pauvres ou fusill&#233;&#183;es par des nazis. Jusque dans les ann&#233;es 1950, la CGT a brillamment tenu son rang d'organisation populaire disputant le pouvoir &#224; la bourgeoisie. Elle a si bien r&#233;ussi son coup qu'&#224; partir des ann&#233;es 1960 s'est dessin&#233; une forme de compromis (sans cesse menac&#233;) qui l'a amen&#233;e 1) &#224; cog&#233;rer l'&#233;conomie, prise en tenaille entre l'&#201;tat capitaliste et le patronat, 2) &#224; se mouiller dans des combines peu reluisantes et 3) &#224; perdre du terrain sur le plan politique et du cr&#233;dit sur le plan militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, par l'interm&#233;diaire de ses f&#233;d&#233;rations, est aujourd'hui pilot&#233;e par des &#171; structures de n&#233;gociation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette expression, et plus largement la distinction entre &#171; structure de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; empreintes de r&#233;alisme et soucieuses de leurs int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels &#224; court et moyen termes. Essayez donc de questionner la pertinence des r&#233;gimes de retraite compl&#233;mentaire ou des mutuelles en pr&#233;sence d'un&#183;e cadre de la c&#233;g&#232;te. Vous comprendrez vite qu'on ne peut pas tout dire. De m&#234;me, vous &#233;viterez de vous en prendre &#224; la Sacem et au syst&#232;me opaque des OGC. La cogestion, &#231;a rapporte et &#231;a donne un point de vue, disons&#8230; nuanc&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#199;a rapporte &#187; aux organisations, pas aux individus. M&#234;me quand il est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la CGT, la structure de n&#233;gociation (les camarades qui signent les accords de branche, qui si&#232;gent dans les caisses, qui &#171; dialoguent &#187; avec le gouvernement, etc.) exerce un ascendant sur la structure de mobilisation (les camarades qui organisent la base militante et ont int&#233;r&#234;t au conflit), ce qui occasionne une certaine inertie politique, des lourdeurs et des conservatismes parfois difficiles &#224; comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la CNT-SO en revanche, aucune entrave de ce type. La structure de n&#233;gociation n'existe pas, par cons&#233;quent toute latitude est donn&#233;e &#224; la structure de mobilisation. C'est l'avantage du syndicalisme libertaire : pas de compromis, que du clash. Mais c'est aussi sa faiblesse : son poids institutionnel est nul, sa force de frappe est moindre (bien qu'elle puisse &#234;tre redoutable &#224; l'&#233;chelle d'un conflit local) et son organisation, disons&#8230; al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, la voie foutraque du syndicalisme libertaire me semble encore pr&#233;f&#233;rable. Il m'arrive d'&#234;tre tent&#233; de rejoindre une organisation bien structur&#233;e, op&#233;rationnelle, inscrite dans le paysage officiel, et vu le temps que je passe avec les camarades du Snap, ce n'est pas toujours facile de r&#233;sister. Mais voil&#224;, je tiens bon. Quatre ans apr&#232;s avoir pay&#233; ma premi&#232;re cotisation, je suis encore au Staa. &#199;a ne tourne pas toujours tr&#232;s rond mais ce syndicat a &#233;t&#233; super important lorsqu'il a fallu relever le niveau d'exigence de la proposition de loi visant &#224; faire entrer les artistes auteur&#183;ices dans l'assurance ch&#244;mage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce sujet, voir notre article &#171; &#192; la d&#233;couverte de l'assurance ch&#244;mage. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ailleurs, il offre une souplesse politique que je ne trouve pas &#224; la CGT, surtout dans le cadre d'une f&#233;d&#233;ration du spectacle arc-bout&#233;e sur la d&#233;fense de l'emploi qui s'&#233;puise &#224; envoyer des communiqu&#233;s &#224; un minist&#232;re de la Culture qui s'en tape.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je l'ai &#233;t&#233; de 2018 &#224; 2020, &#224; un moment de ma vie o&#249; j'&#233;tais employ&#233; dans l'&#233;dition scolaire. J'avais rejoint Info'Com mais je n'y ai jamais rien fait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail &#8211; Solidarit&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les OGC sont des soci&#233;t&#233;s civiles qui g&#232;rent des portefeuilles de droits d'auteur pour le compte de leurs adh&#233;rent&#183;es. Ils font du lobbying en d&#233;fense de la propri&#233;t&#233; intellectuelle et tiennent une place centrale dans l'&#233;conomie de la cr&#233;ation. Le plus puissant d'entre eux est la Sacem, premi&#232;re source de financement du Snac.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Curiosit&#233; syndicale, le Snac est affili&#233; &#224; la f&#233;d&#233;ration du spectacle sans &#234;tre conf&#233;d&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette expression, et plus largement la distinction entre &#171; structure de mobilisation &#187; et &#171; structure de n&#233;gociation &#187;, m'a &#233;t&#233; transmise par le militant qu&#233;becois &#201;tienne Simard lors du s&#233;minaire &#171; Salariat &#187; &#224; l'Universit&#233; Paris Nanterre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#199;a rapporte &#187; aux organisations, pas aux individus. M&#234;me quand il est entach&#233; par des pratiques malhonn&#234;tes, le syndicalisme n'est pas un bon moyen de s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce sujet, voir notre article &#171; &#192; la d&#233;couverte de l'assurance ch&#244;mage. Bilan provisoire d'une lutte de travailleur&#183;ses de l'art &#187;, &lt;a href='https://www.syndicalistes.org/a-la-decouverte-de-l-assurance-chomage-bilan-provisoire-d-une-lutte-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conf&#233;rence sociale du 16 octobre 2023 : et apr&#232;s, on recommence ? </title>
		<link>https://www.syndicalistes.org/conference-sociale-du-16-octobre-2023-et-apres-on-recommence</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.syndicalistes.org/conference-sociale-du-16-octobre-2023-et-apres-on-recommence</guid>
		<dc:date>2023-11-07T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>


		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Dialogue social</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Tout &#231;a pour &#231;a ! &#187; : voil&#224; le r&#233;sum&#233; par Sophie Binet de cette conf&#233;rence sociale, pour laquelle la CGT a quand m&#234;me fait du boulot en interne : un ensemble de revendications sur les salaires, pour des mesures contraignantes, pour que la question de l'&#233;galit&#233; femmes/hommes soit un th&#232;me en tant que tel, etc. &lt;br class='autobr' /&gt; Et au final, pas grand-chose, pour aller vite, parce que c'est certainement encore moins que &#231;a. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et le rapport de force alors ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il s'&#233;tonner du r&#233;sultat ? Non, quand on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/-actions-" rel="directory"&gt;Actions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-dialogue-social-+" rel="tag"&gt;Dialogue social&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Tout &#231;a pour &#231;a ! &#187; : voil&#224; le r&#233;sum&#233; par Sophie Binet de cette conf&#233;rence sociale, pour laquelle la CGT a quand m&#234;me fait du boulot en interne : un ensemble de revendications sur les salaires, pour des mesures contraignantes, pour que la question de l'&#233;galit&#233; femmes/hommes soit un th&#232;me en tant que tel, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et au final, pas grand-chose, pour aller vite, parce que c'est certainement encore moins que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et le rapport de force alors ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Faut-il s'&#233;tonner du r&#233;sultat ? Non, quand on sait que le salaire est, avec le temps de travail et son organisation, le th&#232;me central du conflit de classe entre le camp du travail et le camp du capital. Sans rapport de force au niveau interprofessionnel, et dans un contexte o&#249; le capitalisme continue &#224; rester englu&#233; dans ses contradictions insurmontables (les &#171; Trente glorieuses &#187;, c'est fini, et elles ne reviendront pas), il n'y a aucune chance, mais alors aucune, d'obtenir des gains r&#233;els et substantiels pour au moins quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier conflit majeur sur les retraites, tout frais, est quand m&#234;me l&#224; pour le rappeler.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;unissez vous, r&#233;unissez vous&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Encore moins de chance d'y arriver lorsque les r&#232;gles du jeu sont pip&#233;es d'avance : &#171; pile je gagne, face tu perds &#187;. Il ne s'agissait pas d'une n&#233;gociation, avec des r&#232;gles discut&#233;es et partag&#233;es &#224; l'avance pour donner valeur de norme &#224; ce qui en sortira. Non, le gouvernement r&#233;unit patronats et syndicats, &#233;coute, passe la parole aux uns et aux autres, puis&#8230; d&#233;cide ensuite lui-m&#234;me ce qu'il en fera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque dans une r&#233;union de ce genre, le r&#233;sultat n'a aucune valeur normative, c'est-&#224;-dire qu'il ne s'imposera pas forc&#233;ment, alors on n'y n&#233;gocie pas, on dialogue. Bref on fait du dialogue social. Et dans le dialogue social, on obtient le r&#233;sultat qui &#233;tait pr&#233;vu d&#232;s le d&#233;part : rien, z&#233;ro !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La prochaine fois&#8230; on fait quoi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors peut-&#234;tre qu'il fallait quand m&#234;me y aller, parce qu'on sortait d'une journ&#233;e d'action et de gr&#232;ve, europ&#233;enne, intersyndicale en France. Peut-&#234;tre qu'il fallait aller dire une bonne fois pour toutes combien les &#233;carts d'analyse entre les deux camps (gouvernement-patronat d'un c&#244;t&#233;, salari&#233;&#183;es de l'autre) &#233;taient &#233;loign&#233;s, combien nos revendications &#233;taient en contradiction totale avec celles du camp d'en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouais, peut-&#234;tre. Allez, admettons. Mais qu'est-ce qu'on en tire comme le&#231;ons pour la suite ? Si des r&#233;unions de m&#234;me format sont de nouveau propos&#233;es ? Y compris dans les branches professionnelles ? &#192; quoi cela sert il ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;On ne cache pas ses faiblesses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Soit il y a un r&#233;el rapport de force, et alors allez &#224; ce genre de r&#233;union est une trahison, car alors c'est &#224; une vraie n&#233;gociation qu'il faut aller pour gagner un r&#233;sultat qui va s'appliquer obligatoirement, comme lors d'un accord d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit il n'y a pas de rapport de force (ce qui &#233;tait les cas ici), et y aller, de nouveau, revient &#224; dire que &#171; l'on fait comme si &#187;, que compte tenu de notre faiblesse, qu'aucun syndicat ne peut cacher, y aller permet de montrer qu'on est l&#224; quand m&#234;me. Et ce serait une erreur. On ne cache pas sa faiblesse en &#171; faisant comme si &#187;. On combat sa faiblesse en parlant franchement aux salari&#233;&#183;es, en leur exposant une m&#233;thode claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette attitude qui permet d'&#234;tre coh&#233;rents avec les salari&#233;&#183;es : pour gagner quelque chose de substantiel et d'essentiel, il faut de la force. Sans celle-ci, on ne nous proposera que ce genre de r&#233;union o&#249; d&#232;s le d&#233;but il n'y a aucune obligation d'appliquer des normes, car rien de vrai ne sera propos&#233;. Et donc, pour que cette force se construise, il faut (se) syndiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que nous avons du mal &#224; syndiquer, du mal &#224; proposer la syndicalisation (toutes les enqu&#234;tes internes aux syndicats font ce constat), aussi (et pas seulement, bien entendu) parce que nous faisons trop, bien trop, de dialogue social. Dialogue social qui permet de faire &#171; exister &#187; le syndicalisme, le faire appara&#238;tre, tout simplement parce qu'il est trop faible. Dialogue social = faiblesse syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire de chaises &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;bat, &#171; y aller ou pas &#187;, dans ce type de r&#233;union, a &#233;t&#233; un des th&#232;mes de discussion lors du comit&#233; conf&#233;d&#233;ral national de la CGT du mois d'ao&#251;t, avant m&#234;me cette conf&#233;rence sociale du 16 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu des interventions favorables &#224; ce que la CGT boycotte les r&#233;unions avec le gouvernement, parce que celui-ci r&#233;primait des syndicalistes (ce qui est vrai, par l'interm&#233;diaire des employeurs publics par exemple), ou qu'il laissait le patronat faire de m&#234;me sans r&#233;agir. Ces interventions proviennent en g&#233;n&#233;ral des organisations (unions d&#233;partementales et f&#233;d&#233;rations) qui consid&#232;rent que la CGT est devenue r&#233;formiste depuis plusieurs d&#233;cennies. Mais la r&#233;pression syndicale ne date pas d'aujourd'hui. Elle pouvait &#234;tre m&#234;me encore plus dure avant cette &#034;transformation r&#233;formiste&#034;. Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; la CGT, au niveau conf&#233;d&#233;ral, dans sa p&#233;riode consid&#233;r&#233;e comme &#034;r&#233;volutionnaire&#034; par ces intervenants, de rencontrer le gouvernement comme le patronat de l'&#233;poque. Il serait int&#233;ressant de savoir si ces intervenants appliquent ce qu'ils pr&#244;nent, dans leur propre union d&#233;partementale, ou f&#233;d&#233;ration : d&#233;sertent-ils les r&#233;unions avec les pouvoirs publics, avec le patronat de leur branche professionnelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Binet a donc pu facilement r&#233;pondre qu'il s'agissait l&#224; d'interventions de postures. Mais sa r&#233;ponse est loin d'&#234;tre satisfaisante. Elle a rappel&#233; que depuis longtemps la strat&#233;gie de la CGT n'est pas celle de la &#171; chaise vide &#187;. C'est l'expression consacr&#233;e dans ce domaine, une tarte &#224; la cr&#232;me. Qu'il s'agissait d'aller partout o&#249; il y a un enjeu pour les droits des salari&#233;&#183;es. Et qu'ils nous le demandent ! Il n'y aurait donc pas de questions &#224; se poser sur la nature de ces chaises : du moment qu'elles sont l&#224;, c'est qu'il y a un enjeu syndical &#224; y pr&#233;senter les revendications de la CGT avec notre propre ordre du jour. Remarquons que c'est justement en appliquant cette conception que bien trop de syndicats et de syndicalistes CGT (comme d'autres) sont noy&#233;&#183;es dans les entreprises par des r&#233;unions multiples et vari&#233;es, dans une fr&#233;n&#233;sie &#224; occuper toutes les chaises qu'avance le patron. Parce que &#171; si on n'y va pas, les autres syndicat y vont ! &#187;. Tout en sachant pertinemment, car les camarades le disent souvent lors d'AG de syndicats, que l'on y perd trop souvent son temps. Et il n'est pas certain, il est m&#234;me s&#251;r, que les salari&#233;&#183;es ne demandent pas aux militant&#183;es CGT de courir &#224; toutes ces r&#233;unions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un d&#233;bat n&#233;cessaire et mobilisateur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ni &#171; politique de la chaise vide &#187;, ni &#171; participation syst&#233;matique &#187;. Ces slogans ne veulent rien dire. Ils sont aussi une forme de posture. Il s'agit de faire la part des choses, de r&#233;fl&#233;chir &#224; nos pratiques, &#224; nos objectifs, et aux moyens dont nous disposons. Est-ce un hasard si, dans ces derni&#232;res d&#233;cennies, le nombre de chaises offertes par les pouvoirs publics et le patronat est en hausse constante, alors m&#234;me que la courbe des forces syndicales organis&#233;es et militantes va dans le sens inverse ? Tout le monde sait que non. Alors pourquoi on continue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit tout simplement de r&#233;fl&#233;chir &#224; des crit&#232;res de pertinence, &#224; chaque niveau (entreprise, territoire, branche professionnelle, interprofessionnel et conf&#233;d&#233;ral), pour donner lieu &#224; un d&#233;bat, qui puisse irriguer &lt;i&gt;toute&lt;/i&gt; la CGT, chaque structure &#224; son niveau, afin de d&#233;gager une ligne de conduite coh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu n'est pas mince. Il est de dire clairement, non seulement aux adh&#233;rent&#183;es de la CGT, mais aussi aux salari&#233;&#183;es, ce dont nous avons besoin : d'un rapport de force pour n&#233;gocier, et donc gagner des accords pour les salari&#233;&#183;es ; mais pas du dialogue social. Et par cons&#233;quent, que les salari&#233;&#183;es ont leur propre responsabilit&#233; : celle de se syndiquer, de s'organiser, de s'impliquer. Un tel discours, fond&#233; alors sur une conviction forte, partag&#233;e par toutes et tous les militant&#183;es, serait b&#233;n&#233;fique pour syndiquer et former des militant&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT peut trouver au sein de l'intersyndicale, au niveau conf&#233;d&#233;ral comme ailleurs, un &#233;cho pour une telle orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons certain&#183;es que le nombre de chaises va alors rapidement diminuer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le dialogue social, somnif&#232;re du syndicalisme</title>
		<link>https://www.syndicalistes.org/le-dialogue-social-somnifere-du-syndicalisme</link>
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		<dc:date>2023-10-17T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>


		<dc:subject>Dialogue social</dc:subject>
		<dc:subject>ELA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Dialogue social &#187; : l'expression a malheureusement &#233;t&#233; adopt&#233;e dans de nombreuses interventions orales et &#233;crites au sein m&#234;me du syndicalisme de lutte. Et on sait que les mots ont une force symbolique, qui est partie int&#233;grante du rapport de force entre les classes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Combattre l'utilisation de cette expression est une t&#226;che syndicale. Pour cela, il est incontournable de d&#233;battre de la question du &#171; dialogue social &#187; dans nos organisations syndicales respectives. Car ce qui est enjeu, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-ela-+" rel="tag"&gt;ELA&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Dialogue social &#187; : l'expression a malheureusement &#233;t&#233; adopt&#233;e dans de nombreuses interventions orales et &#233;crites au sein m&#234;me du syndicalisme de lutte. Et on sait que les mots ont une force symbolique, qui est partie int&#233;grante du rapport de force entre les classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combattre l'utilisation de cette expression est une t&#226;che syndicale. Pour cela, il est incontournable de d&#233;battre de la question du &#171; dialogue social &#187; dans nos organisations syndicales respectives. Car ce qui est enjeu, c'est la nature m&#234;me du &#171; mod&#232;le syndical &#187; que nous d&#233;fendons. Appel &#224; contributions !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que faut-il entendre par dialogue social ? Quels sont ses rapports avec la n&#233;gociation ? Quelles sont les pratiques syndicales qui rel&#232;vent du dialogue social ? Et donc pourquoi faut-il combattre non seulement l'expression, mais toutes les pratiques qu'elle recouvre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car m&#234;me lorsque le syndicalisme de lutte n'utilise pas cette expression, certaines de ses pratiques, et non des moindres, rel&#232;vent du dialogue social. Et cela m&#234;me lorsque certaines organisations syndicales, que ce soit aux niveaux national, d&#233;partemental, des f&#233;d&#233;rations, voire m&#234;me de syndicats, utilisent un langage &#171; radical &#187; de &#171; lutte de classes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; fait partie, avec d'autres, des raisons fondamentales qui expliquent la faiblesse du syndicalisme de lutte en France. Une raison qui ne tient qu'aux d&#233;cisions de nos propres organisations : ni l'Etat, ni le patronat, public comme priv&#233;, ne sont les m&#233;chants qui nous imposeraient des pratiques de dialogue social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, n'est-il pas temps d'aborder cette question cruciale, sans concession, dans des d&#233;bats au sein de nos organisations mais aussi entre militant.es de diff&#233;rentes organisations syndicales ? Le long conflit sur les retraites de l'ann&#233;e 2023, avec cette intersyndicale in&#233;dite, est l&#224; aussi pour illustrer cette n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des contributions de syndicalistes ou d'organisations syndicales d'autres pays seraient les bienvenues.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, comment ne pas relater une anecdote&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Dufour, Adelbeid Hege, &#171; 12e congr&#232;s de ELA, conf&#233;d&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, celle d'un congr&#232;s conf&#233;d&#233;ral du syndicat basque ELA, qui avait pour th&#232;me principal le dialogue social. Un syndicaliste membre d'une d&#233;l&#233;gation &#233;trang&#232;re interroge la direction de ELA : &#171; Mais que reste-t-il au syndicalisme sans le dialogue social ? &#187;. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral d'ELA r&#233;pond : &lt;strong&gt;&#171; Le syndicalisme &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Dufour, Adelbeid Hege, &#171; 12&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s de ELA, conf&#233;d&#233;ration syndicale basque &#187;, &lt;i&gt;Chronique internationale de l'IRES&lt;/i&gt; n&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; 117, 2009, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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