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	<title>Syndicalistes !</title>
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	<description>Syndicalistes&#8239;! est un site d'&#233;change et de d&#233;bat sur les pratiques syndicales. &#192; terme, nous aimerions que cela devienne une plateforme pour faire du lien en chair et en os, organiser des rencontres, et pourquoi pas des formations.
Le lancement du site a eu lieu fin septembre 2023, mais vous pouvez toujours lire et signer l'appel pr&#233;sentant ce nouvel espace de r&#233;flexion, et nous envoyer vos contributions : bilan d'une lutte, compte-rendu d'un congr&#232;s, partage d'une pratique qui fonctionne, &#233;tat des lieux des r&#233;flexions syndicales sur un sujet, note de lecture, etc. Le format des contributions est assez libre : courte note de blog, article plus fouill&#233;, interview, etc.
L'&#233;quipe d'animation joue le r&#244;le de comit&#233; &#233;ditorial et est en charge de mettre les contributions re&#231;ues en ligne apr&#232;s un &#233;ventuel &#233;change avec les auteur&#183;ices en cas de n&#233;cessit&#233; (mots-cl&#233;s et/ou titre manquant, signature, passages de l'article qui posent probl&#232;me, etc.).</description>
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		<title>Syndicalistes !</title>
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		<title>De l'entreprise au territoire : les r&#233;ponses de Sud Industrie au probl&#232;me de la structuration syndicale </title>
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		<dc:date>2024-05-12T21:47:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>


		<dc:subject>Solidaires</dc:subject>
		<dc:subject>Structuration</dc:subject>
		<dc:subject>Industrie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Paru dans le dernier num&#233;ro de la revue Les Utopiques consacr&#233; aux 25 ann&#233;es d'existence de Solidaires, l'article ci-dessous t&#233;moigne d'une d&#233;marche de r&#233;flexion et de pratiques syndicales tr&#232;s int&#233;ressantes sur le plan de l'ad&#233;quation d'une vision du syndicalisme avec la forme de ses structures. Cette d&#233;marche est bien trop rare &#224; notre avis, et m&#233;rite d'&#234;tre connue, diffus&#233;e et d&#233;battue. Nous en discutons quelques aspects en introduction, avant de reproduire l'article en question. &lt;br class='autobr' /&gt; Se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/-organisation-s-" rel="directory"&gt;Organisation(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-solidaires-+" rel="tag"&gt;Solidaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-structuration-+" rel="tag"&gt;Structuration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-industrie-+" rel="tag"&gt;Industrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH100/-19-_illust4_-_franckyjulienmohamed_-_sud_industrie_de_l_entreprise_au_territoire-dcdfe.png?1715550665' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;Ouvri&#232;re inspectant un pneu &#8211; Usine Michelin &#224; Blanzy &#8211; Cr&#233;dit : Daniel Challe, Photos de classe, &#233;ditions Syllepse, 2024.&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paru dans le dernier num&#233;ro de la revue &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesutopiques.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Utopiques&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; consacr&#233; aux 25 ann&#233;es d'existence de Solidaires, l'article ci-dessous t&#233;moigne d'une d&#233;marche de r&#233;flexion et de pratiques syndicales tr&#232;s int&#233;ressantes sur le plan de l'ad&#233;quation d'une vision du syndicalisme avec la forme de ses structures. Cette d&#233;marche est bien trop rare &#224; notre avis, et m&#233;rite d'&#234;tre connue, diffus&#233;e et d&#233;battue. Nous en discutons quelques aspects en introduction, avant de reproduire l'article en question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Se syndiquer sur son lieu de travail, sans diviser le collectif ou la communaut&#233; de travail selon les statuts d'emploi ou l'employeur : c'est ce principe qui doit fonder l'activit&#233; syndicale de base (primordiale et incontournable) pour que le syndicalisme puisse exister d'abord et avant tout sur les lieux de travail. C'est se donner le plus de moyens possibles pour un syndicalisme de lutte, d&#233;tourn&#233; du dialogue social, et d&#233;mocratique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il faut r&#233;fl&#233;chir &#224; une structuration efficace aux regard des r&#233;alit&#233;s de la composition de la classe : sous-traitance en cascade, multiplicit&#233; des statuts d'emploi et des employeurs, etc.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il faut aussi interroger la structuration &#171; passive &#187; : celle qui colle aux conventions collectives nationales (CCN) et donc au pouvoir patronal qui a la ma&#238;trise du d&#233;coupage avec les services de l'&#201;tat comme on le voit depuis quelques ann&#233;es avec la volont&#233; gouvernementale de r&#233;duire drastiquement le nombre de CCN en poussant ou en imposant des fusions (voir r&#233;cemment le conflit dans le secteur social avec la convention Nexem, qui s'applique aux &#171; &#233;tablissements et services pour personnes inadapt&#233;es et handicap&#233;es &#187;).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire le bilan d'autres exp&#233;riences et pratiques syndicales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour cela, il faut explorer les pratiques d'autres organisations syndicales, en en faisant le bilan et la critique, pour aboutir &#224; une structuration nouvelle qui tente de r&#233;pondre aux d&#233;fis impos&#233;s par le patronat et l'&#201;tat, mais aussi aux objectifs d'un syndicalisme d&#233;mocratique et reposant sur les &#233;quipes syndicales de base.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les exemples cit&#233;s dans la r&#233;flexion de Sud Industrie sont tous franco-fran&#231;ais : on pourrait regarder ce qui se fait ailleurs, car il y a des mod&#232;les qui ont fait leurs preuves depuis plusieurs ann&#233;es. On pense ici par exemple &#224; la conf&#233;d&#233;ration basque &lt;a href=&#034;https://www.syndicalistes.org/+-ela-+&#034;&gt;ELA&lt;/a&gt;, majoritaire au Pays basque espagnol, qui a r&#233;duit progressivement le nombre de ses f&#233;d&#233;rations, pour aboutir &#224; une seule f&#233;d&#233;ration pour l'industrie (qui comprend aussi le BTP). De ce fait, la &#171; f&#233;d&#233;ration de l'industrie &#187; a une existence r&#233;elle dans chaque territoire, elle a les moyens de cette existence d&#233;centralis&#233;e, et elle participe alors r&#233;ellement et activement &#224; l'animation des structures interprofessionnelles dans chaque territoire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les conditions du travail d&#233;terminent les conditions de la construction syndicale de base&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plusieurs motifs d&#233;velopp&#233;s dans cet article expliquent pourquoi les camarades de Solidaires qui militent et travaillent dans l'industrie en sont arriv&#233;s &#224; cette d&#233;cision. Il y en a un par contre qui n'est pas abord&#233;, sans que nous sachions s'il a fait partie des r&#233;flexions.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les conditions de travail concr&#232;tes dans l'industrie d&#233;terminent fortement les possibilit&#233;s et les difficult&#233;s concr&#232;tes du militantisme au plus pr&#232;s de ces travailleuses et travailleurs, et sont, selon nous, un autre motif pour la cr&#233;ation de syndicats territoriaux dans l'industrie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notre article &#171; Conditions et environnements de travail, vie syndicale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le travail en &#233;quipe selon plusieurs rythmes (2&#215;8, 3&#215;8, 4&#215;8, 5&#215;8, en journ&#233;e), le travail en continu, en &#233;quipes VSD (vendredi-samedi-dimanche), la sous-traitance, l'int&#233;rim, la pr&#233;sence de cantines d'entreprise, la logique du &#171; lean &#187;, l'opposition entretenue par la hi&#233;rarchie entre &#171; celles et ceux qui produisent &#187; et &#171; celles et ceux des bureaux &#187; : que l'on produise des composants &#233;lectroniques, des pi&#232;ces pour l'automobile, de l'agro-alimentaire, etc., on y retrouve, en g&#233;n&#233;ral, ces m&#234;mes conditions et contraintes de travail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une coexistence de syndicats et d'histoires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation relativement r&#233;cente des premiers syndicats SUD dans l'industrie, essentiellement dans les ann&#233;es 2000, &#224; l'origine dans la m&#233;tallurgie, est le fruit de collectifs militants mais aussi de parcours individuels. Ici et l&#224;, ont vu le jour ainsi les premi&#232;res structures qui ont permis d'aboutir &#224; la cr&#233;ation officielle de Solidaires Industrie (avec un champ de syndicalisation couvrant l'agro-alimentaire, l'automobile, le BTP, la logistique, etc.) en 2006. Autant dire que ceux qui la composent, &#224; savoir les syndicats qui ont bascul&#233; ou ont &#233;t&#233; exclus de la CFDT, ceux qui sont partis de la CGT ou encore des primo-adh&#233;rent&#183;es n'ont pas forc&#233;ment les m&#234;mes pratiques statutaires mais sont surtout r&#233;unis par un id&#233;al : celui d'avoir un syndicalisme de lutte et d&#233;mocratique dans les secteurs industriels, incarn&#233; par SUD/Solidaires. Se c&#244;toient ainsi des sections syndicales comme des structures d&#233;partementales ou r&#233;gionales, et d'autres qui sont li&#233;es &#224; un &#233;tablissement (avec la notion de sites, d'usines, mais aussi de p&#233;rim&#232;tres CE pour les &#233;lections professionnelles) ou encore &#224; une entreprise nationale avec plusieurs &#233;tablissements distincts. Cette joyeuse auberge espagnole a davantage r&#233;fl&#233;chi aux statuts qui les unissaient sous la m&#234;me banni&#232;re, &#224; savoir ceux de Solidaires Industrie, que de donner un cadre ou une coh&#233;rence globale pour la cr&#233;ation de nouveaux syndicats. Lors de la fondation, les statuts nationaux posent clairement un principe, qui est toujours pr&#233;sent : le refus d'ing&#233;rence dans les syndicats composant l'union f&#233;d&#233;rale, sauf demande de la structure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quelques dispositions statutaires ont &#233;t&#233; rajout&#233;es depuis 2021, concernant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou dans la possibilit&#233; de r&#233;gler des conflits dans un cadre plus clair et protecteur. Sur le reste, &#224; l'&#233;poque, dans la premi&#232;re partie de construction de Solidaires Industrie, outre la partie minimaliste de congr&#232;s et de conseils syndicaux, le &#171; bureau &#187; joue surtout un r&#244;le de lien entre les syndicats. En fonction du choix des &#233;quipes qui nous rejoignent, du hasard, de leur structuration initiale en cas de basculement, du lien avec l'Union d&#233;partementale, des syndicats aux formes diverses sont cr&#233;&#233;s. Avec un millier d'adh&#233;rents et adh&#233;rentes en 2011, Solidaires Industrie est compos&#233;e d'une multitude de structures aux formes diff&#233;rentes, parfois contradictoires, avec des champs de syndicalisation qui se juxtaposent. Cette premi&#232;re &#233;tape de construction est &#224; l'image des nouveaux arrivants : une &#233;nergie importante, au service d'une action syndicale centr&#233;e par et &#224; partir de l'entreprise, sans se soucier des formes que l'organisation peut prendre &#224; part au niveau local.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tournant en 2012&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La croissance progressive de Solidaires Industrie, l'arriv&#233;e de nouveaux militants qui s'investissent &#233;galement dans les instances et l'animation de la structure, am&#232;nent plusieurs grandes questions. Elles sont souvent pratico-pratiques et les choix retenus lors du congr&#232;s de janvier 2012 s'appuient sur cette volont&#233; de construction collective, avec une nouvelle &#233;quipe &#233;lue. Pour sch&#233;matiser, nous pourrions retenir trois enjeux &#224; partir du v&#233;cu des syndicats mais aussi de la premi&#232;re cartographie (&#171; carte ouvri&#232;re &#187;) des syndicats existants, r&#233;alis&#233;e entre 2010 et 2011 sur conseil de militants en responsabilit&#233; au Secr&#233;tariat national et au CEFI-Solidaires, apr&#232;s de nombreuses tourn&#233;es syndicales sur le terrain aux quatre coins de la France, et qui auront permis d'avoir une connaissance plus fine des r&#233;alit&#233;s locales :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La coexistence de syndicats d'entreprise, de secteur, et de territoire emp&#234;chent une construction sereine lors d'arriv&#233;es de nouvelles &#233;quipes en manquant de r&#233;flexes communs pour accompagner le d&#233;veloppement ; l'absence de choix retenu dans la structuration ne permet pas d'avoir une r&#233;flexion collective et nationale et les constructions se font plus de gr&#233; &#224; gr&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La coexistence de ces structures emp&#234;che une r&#233;elle vie d&#233;mocratique : quels poids et quels votes localement pour une section ou syndicat &#8211; qui aurait plus d'ind&#233;pendance du fait de ses propres statuts &#8211; mais aussi au niveau national ? De plus, lors de luttes, l'absence de mutualisation financi&#232;re entre diff&#233;rentes &#233;quipes locales pose de s&#233;rieux questionnements sur l'ad&#233;quation entre le projet d&#233;fendu dans la th&#233;orie et la mise en application : des syndicats, qui sont parfois des bastions, avec de nombreux adh&#233;rent&#183;es et/ou des accords de droits syndicaux plus importants que la moyenne, ne participent pas &#224; l'entraide n&#233;cessaire avec d'autres syndicats plus faibles. La question financi&#232;re, importante, est surtout l'une des illustrations, car faire vivre des int&#233;r&#234;ts communs passe aussi par des structures qui le permettent, en se dotant d'un cadre de rencontre identique &#8211; &#224; travers les instances communes et la n&#233;cessit&#233; de passer de l'adh&#233;sion &#224; la fraternit&#233; d'action.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Enfin, la modification de la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; depuis 2008 a entra&#238;n&#233; la possibilit&#233; pour notre Union de d&#233;signer des Repr&#233;sentants de section syndicale (RSS) dans toutes les entreprises (et m&#234;me par &#233;tablissements distincts si n&#233;cessaire) &#224; partir de deux adh&#233;rent&#183;es, permettant de s'implanter plus facilement. Les premi&#232;res ann&#233;es, ces d&#233;signations ont &#233;t&#233; quasiment toutes contest&#233;es par les directions d'entreprises, et ceci de mani&#232;re durable jusqu'&#224; 2015-2016. La capacit&#233; juridique de la structure qui d&#233;signe &#233;tant examin&#233;e par les tribunaux (&#224; l'&#233;poque d'instance, depuis judiciaire), un examen des statuts et le respect de ces derniers sont la condition n&#233;cessaire pour &#233;viter une annulation de d&#233;signation de RSS. Le fait de disposer de structures territoriales &#233;vite aussi de d&#233;poser &#224; chaque fois les statuts d'un nouveau syndicat &#8211; la condition minimum d'anciennet&#233; impos&#233;e par la loi est de deux ans d'anciennet&#233; pour d&#233;signer &#8211; et r&#233;duit les d&#233;marches administratives/bureaucratiques li&#233;es &#224; des structures multiples, notamment lors de d&#233;parts de l'entreprise ou de modifications juridiques d'entreprise. Cr&#233;er un syndicat &#224; chaque nouvelle implantation, c'est aussi se condamner &#224; une impossibilit&#233; de syndiquer dans les TPE. En clair, il s'agit aussi d'un processus de s&#233;curisation des d&#233;signations, pour accompagner notre d&#233;veloppement et &#233;viter que les jeunes sections syndicales ne se retrouvent soumises &#224; une contestation et annulation de la d&#233;signation de RSS. Toutes ces probl&#233;matiques ont conduit assez rapidement &#224; faire le choix de cr&#233;er des syndicats territoriaux, de transformer les bastions locaux d'entreprise en syndicats territoriaux, et d'orienter les d&#233;bats vers une discussion large aupr&#232;s des syndicats pour mesurer les enjeux &#224; la fois internes et externes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un comparatif pour th&#233;oriser notre approche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le choix retenu en 2012 a &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement requestionn&#233; (y compris via l'ext&#233;rieur, lors d'une contribution dans le journal des Comit&#233;s syndicalistes r&#233;volutionnaires par exemple, avec des interrogations int&#233;ressantes mais sorties un peu du contexte de notre construction sur l'alliance de plusieurs champs de syndicalisation), retravaill&#233; et d&#233;battu lors des congr&#232;s successifs en 2013 et 2014. Il aura fallu attendre 2017 pour que Solidaires Industrie, qui se transforme aussi au passage en SUD Industrie &#224; l'image des syndicats locaux, fasse le choix statutaire de ne r&#233;unir que des syndicats territoriaux ; cette p&#233;riode de cinq ans aura &#233;t&#233; n&#233;cessaire pour passer d'une r&#233;solution de principe &#224; une int&#233;gration r&#233;elle dans les textes et les faits. Le temps nous a paru long, et pourtant il aura &#233;t&#233; b&#233;n&#233;fique dans l'approche que nous avons pu parfaire concernant ce projet. Apr&#232;s 2012, le syndicat SUD Industrie francilien, n&#233; du syndicat SUD ISS logistique &amp; Production depuis 2009 qui s'est alors transform&#233; de syndicat d'entreprise &#224; territorial, a &#233;t&#233; l'un de premiers &#224; impulser ce changement, aux c&#244;t&#233;s des historiques comme SUD Industrie Basse-Normandie et SUD Industrie 59-62 &#8211; mais qui &#224; l'&#233;poque avait deux structures sur le m&#234;me champ g&#233;ographique. 2021 aura &#233;t&#233; le congr&#232;s nous permettant aussi d'avoir (enfin) des statuts types avec une trame minimale commune, pour continuer d'emprunter un chemin d&#233;sormais appuy&#233; sur de solides arguments et de convictions partag&#233;s par l'unanimit&#233; des syndicats. Mais cette approche, outre les d&#233;bats internes, a pu faire l'objet d'une double comparaison :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Interne, en regardant ce que plusieurs structures syndicales, importantes et que nous estimions dans leur fonctionnement, avaient pu mettre en place, comme la f&#233;d&#233;ration SUD-Rail, la f&#233;d&#233;ration SUD-PTT ou encore la f&#233;d&#233;ration SUD Sant&#233;-Sociaux. Nous y trouvions de nombreux atouts statutaires &#224; reprendre, pour nous inspirer. Nous discutions souvent aussi, quand des camarades qui animaient les Solidaires locaux, ne comprenaient pas toujours l'importance de notre structuration ou du projet de r&#233;unir tous les travailleurs et travailleuses des secteurs industriels : pourtant, imaginerions-nous un syndicat SUD PTT de tel bureau de poste et un autre d'un second, &#224; proximit&#233;, avec deux voix au passage, et deux formalit&#233;s administratives li&#233;es aux statuts r&#233;guli&#232;rement, etc. ? Pourquoi cette volont&#233; parfois de cr&#233;er un syndicat par entreprise sans les r&#233;unir pour mutualiser les forces et commencer justement par faire vivre l'interprofessionnel de mani&#232;re concr&#232;te et progressive ? Le ralliement de SUD-Michelin, en 2016, alors syndicat ind&#233;pendant et membre en tant que tel de Solidaires, a &#233;t&#233; aussi le fruit de ce travail, qui pourrait encore s'&#233;tendre &#224; d'autres structures.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; En externe, en essayant de multiplier les lectures sur les d&#233;bats de diff&#233;rents congr&#232;s &#224; travers l'histoire, notamment &#224; la CGT et autour du &#171; syndicalisme d'industrie &#187;, mais aussi tout simplement de mani&#232;re plus r&#233;cente dans les secteurs industriels. Nous avons pu ainsi, en sch&#233;matisant, rep&#233;rer trois mod&#232;les : l'UNSA, avec une autonomie locale relativement forte sur certains points et un r&#233;formisme assum&#233;, mais construit surtout &#224; partir de m&#233;tiers/secteurs ; la CGT qui a longtemps d&#233;fendu le principe une implantation = un syndicat &#224; partir de XX adh&#233;rent&#183;es, offrant plus de poids au syndicat qu'&#224; une section rattach&#233;e &#224; l'UD ou l'UL, sans revenir sur les Unions syndicales des travailleurs de la m&#233;tallurgie CGT aux contours dirons-nous flous, et le tout avec un f&#233;d&#233;ralisme verticalis&#233;, sans &#234;tre r&#233;volutionnaire ; pour terminer, le mod&#232;le CFDT de syndicats territoriaux de la m&#233;tallurgie dont toutes les sections syndicales sont membres&#8230; sans aucune autonomie r&#233;elle. Bien entendu, nous mettons de c&#244;t&#233; toutes les autres consid&#233;rations, li&#233;es aux financements, aux Unions de syndicats dans les groupes. Nous avons d&#233;cid&#233; de piocher ce qui nous semblait int&#233;ressant pour cr&#233;er un mod&#232;le propre dans nos secteurs. C'est de cette mani&#232;re qu'est n&#233; le syndicat SUD Industrie territorial type : des sections et/ou syndicats membres, une quote-part entre 25 % et 50 % revers&#233;e au fond commun du syndicat local (lequel verse la part f&#233;d&#233;rale, &#224; hauteur de 12 euros par an et par adh&#233;rent&#183;e, dont la moiti&#233; est revers&#233;e &#224; Solidaires) et l'autre partie sur un sous-compte g&#233;r&#233; directement par la section pour une r&#233;elle autonomie &#8211; tout comme la d&#233;signation et les listes &#233;lectorales, dont seuls les secr&#233;taires de sections peuvent d&#233;cider avec leurs adh&#233;rent&#183;es et non le secr&#233;taire du syndicat. Un contre-pouvoir, dans un outil qui se veut lui-m&#234;me un contre-pouvoir face &#224; l'entreprise, nous semblait primordial, tout comme le fait de cr&#233;er du lien entre sections localement &#8211; on se syndique l&#224; o&#249; on travaille, pas en fonction du si&#232;ge social &#8211; et ainsi accueillir des salari&#233;&#183;es aussi bien des TPE que des grandes entreprises. C'est aussi s'&#233;viter un suivi et la gestion de 4, 5 ou 20 syndicats dans le m&#234;me d&#233;partement avec une perte de temps importante. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La question des liaisons d'activit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Construire des syndicats SUD Industrie d&#233;partementaux ou r&#233;gionaux ne r&#232;gle cependant pas toutes les difficult&#233;s, loin de l&#224; ; d'autres sont apparues d&#232;s la construction en 2012, lorsqu'un petit syndicat, membre du secteur du BTP, a souhait&#233; s'y opposer lors du congr&#232;s. Mis en minorit&#233; par un vote unanime de toutes les autres structures, le syndicat d'entreprise concern&#233; a tent&#233; d'imposer un SUD BTP national, coquille vide malgr&#233; la lutte importante des travailleurs et travailleuses sans papiers quelques mois auparavant. Outre le peu de s&#233;rieux de cette tentative de syndicat national, ce qu'il convient d'observer est surtout un r&#233;flexe sectoriel tr&#232;s fort et une volont&#233; de lier la structuration statutaire &#224; un secteur d'activit&#233;s d&#233;coup&#233; arbitrairement, c'est-&#224;-dire sur la base des conventions collectives d&#233;cid&#233;es par le patronat. Ce d&#233;bat avait d&#233;j&#224; eu lieu avec le secteur automobile, fort de plusieurs implantations &#224; Renault et PSA, qui s'&#233;tait pos&#233; la question, dans le pass&#233;, d'une structuration nationale. Le risque &#233;tait pourtant de revenir &#224; un d&#233;coupage sur le m&#234;me mod&#232;le que la CGT, autour des seules branches et sans construction de solidarit&#233; concr&#232;te, qui aurait mis un terme &#224; la construction de SUD Industrie. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, il n'&#233;tait pas possible, pour la coordination au niveau des groupes mais surtout des secteurs d'activit&#233;, de ne pas avoir un axe de r&#233;flexion sp&#233;cifique. L&#224; aussi, lors de nos &#233;changes et d&#233;bats, les liaisons existantes &#224; SUD-Rail nous ont inspir&#233; pour construire en plus des syndicats territoriaux, des espaces d'&#233;changes et de coordination concrets, plac&#233;s sous l'&#233;gide du collectif d'animation de SUD Industrie, et anim&#233;s par des camarades des secteurs concern&#233;s et mandat&#233;s par le Conseil syndical. Sur la base de notre d&#233;veloppement, ont &#233;t&#233; mises en place progressivement plusieurs liaisons d'activit&#233;s : automobile, BTP, agro-alimentaire et caoutchouc. Dans ce dernier cas, ce fut grandement aid&#233; par l'obtention de la repr&#233;sentativit&#233; dans la branche, qui nous a forc&#233; &#224; nous structurer et &#233;changer, &#224; l'&#233;poque notamment avec l'&#233;quipe d'animation de SUD Chimie, permettant un travail en commun riche et n&#233;cessaire, allant jusqu'&#224; des campagnes communes sur la p&#233;nibilit&#233;, ou sur les salaires aux c&#244;t&#233;s de SUD A&#233;rien et de SUD Commerce et services. Du mat&#233;riel sp&#233;cifique (bulletin, notes de r&#233;flexions, cahier revendicatif, etc.) est &#233;dit&#233; par ces liaisons d'activit&#233;, et malgr&#233; la difficult&#233; d'animation par manque de temps souvent. Une nouvelle liaison a vu le jour, pour le secteur armement (Arquus, Safran, NavalGroup, Michelin, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce propos : SUD Industrie, &#171; Le syndicalisme dans l'armement &#187;, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe &#171; &lt;i&gt;on se syndique &#224; proximit&#233;&lt;/i&gt; &#187; via un &#171; &lt;i&gt;syndicat commun et des sections disposant d'une grande libert&#233; dans le cadre des statuts et valeurs &lt;/i&gt; &#187;, dans une Union &#171; &lt;i&gt;organis&#233;e et dans le soutien &lt;/i&gt; &#187; avec une animation &#171; &lt;i&gt;de secteurs&lt;/i&gt; &#187;, tel est le projet que nous essayons de faire vivre quotidiennement. Ce sont les syndicats souverains, dont nous sommes membres, qui doivent ainsi participer &#224; la fois &#224; la vie locale, nationale et sectorielle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par et pour les travailleurs et travailleuses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La structuration n'est pas une finalit&#233; : elle permet de se doter du meilleur outil en fonction des secteurs d'activit&#233;s et de faire face aux strat&#233;gies patronales qui visent par exemple &#224; casser les statuts et imposer la sous-traitance avec plusieurs conventions collectives sur le m&#234;me &#233;tablissement. Mais disons-le clairement, b&#226;tir des syndicats SUD Industrie territoriaux s'inscrit dans la volont&#233; de se doter d'une &#171; &lt;i&gt;politique des cadres&lt;/i&gt; &#187;, &#224; savoir des animateurs et animatrices localement et d&#233;partementalement, au service de l'action syndicale quotidienne. C'est un choix plus audacieux et plus complexe que les mod&#232;les pyramidaux, qui laissent une forte place &#224; l'autonomie mais avec la contrepartie de plus faibles moyens financiers au niveau national. Au-del&#224; de l'&#233;nergie et l'investissement des camarades du collectif d'animation &#8211; avec une partie prise en charge par Solidaires suite &#224; une augmentation de la cotisation en 2013 et une autre via les fonds paritaires nationaux avec toutes les difficult&#233;s dans les d&#233;bats que nous connaissons partout &#8211; une grande part est prise sur les heures de d&#233;l&#233;gations. Or, avec ces heures qui oscillent entre 10 et 25 heures en moyenne par mandat, il faut cumuler l'activit&#233; de l'entreprise, des responsabilit&#233;s territoriales et/ou nationales. Les campagnes de syndicalisation permettent progressivement d'am&#233;liorer la situation ; nous sommes 3500 adh&#233;rent&#183;es actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fondations sont celles d'un syndicalisme qui agit pour l'&#233;mancipation individuelle et collective, par et pour les travailleurs et travailleuses. Les structures SUD Industrie territoriales sont une &#233;cole quotidienne d'un syndicalisme r&#233;ellement d&#233;mocratique et de luttes, malgr&#233; l&#224; aussi toutes les difficult&#233;s &#8211; qui font partie de cet apprentissage &#8211; que les syndicats rencontrent. Difficult&#233;s multipli&#233;es par les n&#233;gociations propres &#224; chaque entreprise, les accords sp&#233;cifiques &#224; chaque entreprise, et la r&#233;pression antisyndicale concr&#232;te (licenciements) et r&#233;currente, les fermetures et/ou suppressions d'emplois avec des PSE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Plan de sauvegarde l'emploi &#187; !&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; la cl&#233;. C'est dans ce sens que nous continuons d'avancer, en ayant r&#233;cemment mis en place une session de formation &#224; destination des tr&#233;soriers et tr&#233;sori&#232;res mais aussi des animateurs et animatrices. &#192; l'approche du congr&#232;s de Solidaires, r&#233;affirmer de mani&#232;re cr&#233;dible et utile que notre organisation n'est pas une ONG et ne doit pas se perdre dans des collectifs folkloriques comme l'Alliance &#233;cologique et sociale &#8211; pilot&#233;e par ceux et celles qui ne pourront jamais parler au nom des travailleurs et travailleuses de nos secteurs, par une absence totale de l&#233;gitimit&#233; et parfois des int&#233;r&#234;ts contraires &#8211; passe par le renforcement de notre structuration. La cr&#233;ation de nouveaux syndicats, comme dans le Finist&#232;re en ce d&#233;but 2024, le renouvellement des bureaux et &#233;quipes d'animation &#8211; au niveau national mais aussi r&#233;guli&#232;rement dans les syndicats comme dans la Sarthe tout r&#233;cemment &#8211; sont autant de chemins &#224; suivre. Pour renforcer notre Union, continuons de r&#233;fl&#233;chir collectivement &#224; comment faire vivre SUD Industrie et ses particularit&#233;s dans des secteurs hautement strat&#233;giques, en d&#233;fendant un syndicalisme r&#233;volutionnaire, et donc forc&#233;ment de classe et de masse. &lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Francky, Julien et Mohamed sont membres du collectif d'animation de SUD Industrie. Francky est &#233;galement co-secr&#233;taire de l'Union f&#233;d&#233;rale SUD Industrie et Mohamed co-secr&#233;taire de SUD Industrie francilien. Tous trois ont suivi les changements statutaires depuis 2012 en militant pour des syndicats territoriaux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notre article &lt;a href=&#034;https://www.syndicalistes.org/conditions-et-environnements-de-travail-vie-syndicale-dans-le-milieu-industriel&#034;&gt;&#171; Conditions et environnements de travail, vie syndicale dans le milieu industriel &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quelques dispositions statutaires ont &#233;t&#233; rajout&#233;es depuis 2021, concernant des situations graves (extr&#234;mes droites, int&#233;grismes religieux par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce propos : SUD Industrie, &#171; Le syndicalisme dans l'armement &#187;, Les utopiques n&#176;22, &#233;ditions Syllepse, printemps 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Plan de sauvegarde l'emploi &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail syndical &#224; la Rhodia</title>
		<link>https://www.syndicalistes.org/le-travail-syndical-a-la-rhodia</link>
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		<dc:creator>Baptiste</dc:creator>


		<dc:subject>&#192; lire</dc:subject>
		<dc:subject>Industrie</dc:subject>

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&lt;p&gt;C'est quoi, le quotidien de l'activit&#233; syndicale ? Quand il n'y a pas de grand mouvement de gr&#232;ve, et qu'on est juste au boulot avec ses coll&#232;gues ? Les r&#233;ponses deviennent &#233;videntes avec le temps, mais le sont beaucoup moins aux d&#233;buts d'une activit&#233; syndicale sur un lieu de travail. Pour en donner un exemple particuli&#232;rement int&#233;ressant, nous reproduisons ici des extraits du livre Il ne faut jamais se laisser faire de Lina Cretet, ouvri&#232;re, militante CGT et communiste &#224; la Rhodiac&#233;ta de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/-organisation-s-" rel="directory"&gt;Organisation(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-a-lire-+" rel="tag"&gt;&#192; lire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-industrie-+" rel="tag"&gt;Industrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L95xH150/docouv-cretetc-148-59be6.jpg?1713536877' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est quoi, le quotidien de l'activit&#233; syndicale ? Quand il n'y a pas de grand mouvement de gr&#232;ve, et qu'on est juste au boulot avec ses coll&#232;gues ? Les r&#233;ponses deviennent &#233;videntes avec le temps, mais le sont beaucoup moins aux d&#233;buts d'une activit&#233; syndicale sur un lieu de travail. Pour en donner un exemple particuli&#232;rement int&#233;ressant, nous reproduisons ici des extraits du livre &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://atelierdecreationlibertaire.com/Lina-Cretet.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Il ne faut jamais se laisser faire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Lina Cretet, ouvri&#232;re, militante CGT et communiste &#224; la Rhodiac&#233;ta de Lyon-Vaise, c&#233;l&#232;bre entreprise textile de la r&#233;gion lyonnaise qui a marqu&#233; l'histoire des luttes sociales des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle y donne &#224; voir patient travail des militant&#183;es de terrain qui incarnent l'ancrage du syndicat au plus pr&#232;s des salari&#233;&#183;es, et qui permet &#224; l'organisation d'&#234;tre toujours aux prises avec la r&#233;alit&#233; des salari&#233;&#183;es de l'usine, dans toute leur diversit&#233; de conditions et d'int&#233;r&#234;ts. Elle montre aussi comment se b&#226;tit la force d'un syndicat : petit &#224; petit, en gagnant la confiance des coll&#232;gues par de petites avanc&#233;es&#8230; jusqu'&#224; avoir l'implantation et l'organisation n&#233;cessaires aux luttes de plus grande ampleur (gr&#232;ve de 5 semaine en 1967, occupation de l'usine en 1968&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re le&#231;on de ces extraits concerne l'&#233;tat des libert&#233;s syndicales. La r&#233;pression est un vrai facteur de d&#233;syndicalisation, mais force est de constater qu'&#224; l'&#233;poque, les effectifs syndicaux &#233;taient bien plus fournis, alors m&#234;me que l'activit&#233; syndicale &#233;tait quasi-clandestine et exposait &#224; une r&#233;pression brutale (comme le racontent d'autres passages du livre). Mais la r&#233;pression peut se briser sur nos capacit&#233;s d'organisation et les liens de solidarit&#233; de classe construits patiemment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai assez vite particip&#233; &#224; la vie syndicale. J'allais aux r&#233;unions et je prenais la parole quelquefois. On m'&#233;coutait, on me jaugeait. Mes interventions ont d&#251; convenir, car j'ai &#233;t&#233; bien accept&#233;e par les copains, les hommes. [&#8230;] Le climat &#233;tait plus sexiste qu'aujourd'hui. Les hommes ne comprenaient pas toujours les femmes. Un peu plus tard, alors que je demandais pourquoi elles ne faisaient jamais gr&#232;ve, quelqu'un m'a r&#233;pondu : &#171; les femmes, elles sont tellement connes, elles travaillent comme des d&#233;rat&#233;es et ne font jamais gr&#232;ve ! &#187; Cette r&#233;ponse ne m'avait pas plu et j'ai dit qu'il fallait peut-&#234;tre discuter avec elles et proposer des actions qui leur conviennent, pas seulement des gr&#232;ves de 24 heures qui pouvaient leur faire peur. D'autres d&#233;l&#233;gu&#233;-es &#233;taient de mon avis. On s'est mis d'accord pour aller voir les ouvri&#232;res et entamer un dialogue. C'est finalement en discutant des &#171; petites choses &#187; qu'elles se sont rendues compte de l'utilit&#233; des syndicats et de ce qu'ils pouvaient leur apporter. On a gagn&#233; leur confiance, mais il a fallu du temps, et d'abord persuader les hommes de nos capacit&#233;s. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1955, je me suis pr&#233;sent&#233;e aux &#233;lections du Comit&#233; d'entreprise &#224; la demande des copains, et j'ai &#233;t&#233; &#233;lue. Nous &#233;tions cinq femmes, deux de la CFDT, deux en tant que d&#233;l&#233;gu&#233;es du personnel, et moi, de la CGT. C'&#233;tait bien peu. Les hommes n'avaient pas confiance dans les femmes ou ne voulaient pas &#234;tre repr&#233;sent&#233;s par elles, je n'ai jamais vraiment compris pourquoi. &#192; l'&#233;poque, je crois qu'ils devaient encore penser que les femmes n'&#233;taient bonnes qu'autour de leurs marmites et de leurs marmots et qu'elles n'avaient rien &#224; faire au syndicat. En tout cas, au moment des votes, ils barraient les femmes, que ce soit aux &#233;lections des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'entreprise ou m&#234;me des d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel, notamment chez les &#171; 4&#215;8 &#187; qui avaient une tendance un peu anar et spontann&#233;e. Quant &#224; moi, je n'avais eu que deux ratures. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait plusieurs aspects dans mon &#171; travail &#187; militant. D'abord, &#233;tant d&#233;l&#233;gu&#233;e au Comit&#233; d'entreprise, j'assistais aux r&#233;unions o&#249; il y avait toute la direction g&#233;n&#233;rale [&#8230;]. Je me souviens encore de ma premi&#232;re intervention. J'avais le c&#339;ur qui battait et j'attendais le moment de parler avec impatience, afin d'&#234;tre d&#233;livr&#233;e. J'&#233;tais obnubil&#233;e par ce que j'avais &#224; dire et n'arrivais pas &#224; suivre la conversation. J'avais peur de ne pas dire correctement les choses, d'autant qu'en face de moi il y avait les directeurs qui connaissaient bien les dossiers. Il ne fallait pas dire de conneries, et pouvoir argumenter et d&#233;cortiquer le sujet que l'on abordait, autrement, on se faisait descendre en vrille. Au d&#233;but, on se demande si on va &#234;tre &#224; l' hauteur de la t&#226;che &#224; accomplir, si on sera capable de transmettre les aspirations de ceux qui nous ont &#233;lus. Ce n'est jamais facile d'&#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant ces rencontres avec les patrons, nous avions, en tant que d&#233;l&#233;gu&#233;s, des r&#233;unions pr&#233;paratoires afin de se mettre d'accord sur un ordre du jour et de ne pas arriver en ordre dispers&#233;. Ces r&#233;unions &#233;taient prises sur le temps de travail et pay&#233;es. En tant que d&#233;l&#233;gu&#233;s, nous avions au total vingt heures mensuelles pour assumer la gestion des diverses commissions, aller discuter dans les ateliers avec les gens et pr&#233;parer les r&#233;unions avec la direction. En revanche, ces derni&#232;res &#233;taient prises sur notre temps personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y avait le travail syndical. Pour le comprendre, il faut d&#233;crire notre organisation. &#192; la Rhodia, nous avions bien s&#251;r des contacts avec les Unions locales et les Unions d&#233;partementales (UD), avec la F&#233;d&#233;ration et la Conf&#233;d&#233;ration, mais notre syndicat menait son activit&#233; propre et &#233;tait subdivis&#233; en plusieurs sections : quatre pour les quatre-huit, trois pour les trois-huit, deux pour les &#171; 2&#215;8 &#187; femme, une pour les mensuels et une pour les techniciens et agents de ma&#238;trise. Chaque section &#233;tait en fait un &#171; mini-syndicat &#187; dans le syndicat. Pour savoir ce qui se passait dans l'ensemble des sections, nous avions cr&#233;&#233; une commission ex&#233;cutive. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de chaque section &#233;taient mandat&#233;s pour y expliquer ce qui se passait dans leur secteur, dire ce qu'il n'allait pas et &#233;voquer les probl&#232;mes rencontr&#233;s dans les ateliers. Ils &#233;taient aussi charg&#233;s d'intervenir aupr&#232;s de la direction et &#171; d&#233;brouiller les n&#339;uds &#187;. Cette commission &#233;tait dirig&#233;e par les membres &#233;lus du bureau, form&#233; d'un secr&#233;taire, un secr&#233;taire adjoint et un responsable pour la propagande. Ils avaient en charge de centraliser les revendications, de les faire &#171; remonter &#187; le cas &#233;ch&#233;ant &#224; l'&#233;chelle nationale, et &#224; l'inverse de faire un compte-rendu des r&#233;unions qui se tenaient parfois &#224; Paris, lequel &#233;tait ensuire r&#233;percut&#233; aupr&#232;s de l'ensemble des salari&#233;s de l'entreprise. Je crois pouvoir dire que c'&#233;tait &#224; la fois bien organis&#233; tout en restant tr&#232;s proche des gens qui travaillaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir au travail syndical, j'allais donc en r&#233;union de la commission ex&#233;cutive tous les mois. On y discutait des revendications inscrites sur les cahiers pr&#233;vus &#224; cet effet. Il y en avait un par secteur. C'est nous qui le remplissions apr&#232;s &#234;trepass&#233; voir les gens et leur avoir demand&#233; ce qui n'allait pas. La &#171; r&#233;colte &#187; des revendications se faisait pendant notre journ&#233;e de travail, mais ensuite, on se voyait &#224; la fin de journ&#233;e de travail avec les copains pour en discuter en d&#233;tail. J'aimais avoir l'avis d'une autre personne pour savoir si j'&#233;tais dans le vrai ou s'il n'y avait pas une autre fa&#231;on d'aborder les probl&#232;mes, quitte parfois &#224; en reparler plus tard apr&#232;s avoir pris le temps d'y penser. On se retrouvait g&#233;n&#233;ralement dans le local attribu&#233; au Comit&#233; d'entreprise o&#249; chaque syndicat avait un placard qui fermait &#224; clef. C'est l&#224; que nous rangions les cahiers de revendications, lesquels &#233;taient soumis au secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. Il m'est souvent arriv&#233;, apr&#232;s la fin de mon travail &#224; 14 heures, de rester tout l'apr&#232;s-midi &#224; l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas croire que je faisais n&#233;cessairement tout &#171; remonter &#187;. Quand il y avait un petit probl&#232;me d'atelier, je n'allais pas voir le directeur, mais le chef d'atelier ou une surveillante. Ces derniers n'auraient pas appr&#233;ci&#233; que je n'en discute pas avec eux. Ils avaient des directives &#224; faire appliquer, et si on n'&#233;tait pas d'accord, on en parlait avec eux, mais on n'allait pas faire un rapport au directeur pour qu'ensuite &#231;a leur retombe dessus. Il fallait essayer de r&#233;soudre les probl&#232;mes au niveau auquel ils se posaient : avec le chef d'atelier pour les choses qu'il pouvait r&#233;gler, avec la direction g&#233;n&#233;rale pour les &#171; grandes &#187; revendications. Et c'est gr&#226;ce &#224; cette fa&#231;on de faire que j'ai pu syndiquer des agents de ma&#238;trise et d'autres coll&#232;gues, parce qu'on ne tapait pas forc&#233;ment sur les gens qui nous commandaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;. Le travail militant c'&#233;tait tout &#231;a. Pas vraiment un sacerdoce mais un v&#233;ritable engagement quotidien. Les r&#233;unions du soir, finalement assez ponctuelles et rares, ne repr&#233;sentaient que la partie visible de l'iceberg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y avait les actions &#224; mener, car il &#233;tait bien rare que la direction accepte nos revendications du premier coup. De 1953 &#224; 1957, il n'y a pas eu de grosses gr&#232;ves. On a appel&#233; parfois les ouvriers &#224; d&#233;brayer quelques heures ou, plus rarement, &#224; s'arr&#234;ter de travailler une journ&#233;e. Il s'agissait alors de soutenir les d&#233;l&#233;gu&#233;s qui n&#233;gociaient avec la direction [&#8230;]. On appelait &#224; des gr&#232;ves cat&#233;gorielles, le plus souvent pour r&#233;clamer une augmentation de salaire, ou encore pour demander un rallongement des cong&#233;s pay&#233;s qui n'&#233;taient alors que de quinze jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est aussi beaucoup battus pour l'am&#233;lioration des conditions de travail. Ainsi, la direction a d&#251; faire poser des plaques d'amiante &#8212; on ne savait pas alors qu'elles &#233;taient nocives &#8211; &#233;paisses et molles qui absorbaient le bruit. Pour limiter la chaleur qui d&#233;passait souvent 35&#176; l'&#233;t&#233; &#224; la filature, ils ont fait installer un syst&#232;me de conditionnement de l'air ambiant. Je me suis beaucoup engag&#233;e pour am&#233;liorer la situation des femmes, souvent pour des &#171; petites &#187; choses, mais qui finissent par compter dans la vie quotidienne. Avoir des blouses de couleur, compos&#233;es de Tergal et de coton afin d'&#234;tre plus facilement repass&#233;es. L'utile et l'agr&#233;able, quoi ! Obtenir des strapontins et le droit de s'asseoir quelques instants et de souffler pendant les heures de travail. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos interventions se faisaient donc sur des &#171; petites &#187; choses simples mais importantes, que les ouvri&#232;res appr&#233;ciaient. C'est ce qui les a amen&#233;es &#224; se syndiquer et &#224; reconna&#238;tre le r&#244;le du syndicat, alors qu'auparavant on leur demandait de faire gr&#232;ve sans toujours bien leur expliquer pourquoi. Ceci parce qu'une fois de plus, les hommes ont consid&#233;r&#233; comme &#171; b&#233;nin &#187; ce type de revendications. Ils se trompaient. Le r&#244;le d'un syndicat, c'est de partir des probl&#232;mes de chacun, aussi minimes soient-ils, et de tenter d'y trouver des solutions. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'insiste sur cette notion de quasi-clandestinit&#233; concernant nos activit&#233;s syndicales et plus encore politiques. En effet, elle avait aussi comme cons&#233;quence l'absence de lieu pr&#233;cis o&#249; se r&#233;unir. On se retrouvait en faisant fonctionner le bouche &#224; oreilles, peut-&#234;tre pas comme le faisaient les Maquisards durant la R&#233;sistance, mais presque. On a du mal aujourd'hui &#224; s'imaginer cela, tant les choses ont chang&#233; apr&#232;s 1968. [&#8230;] Pour bien se rendre compte des limites de la libert&#233; syndicale &#224; l'int&#233;rieur de l'entreprise, il convient de rappeler notamment l'impossibilit&#233; de s'y r&#233;unir officiellement. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1957 &#224; 1967, j'ai fait mon travail dans les ateliers comme militante syndicale, ce qui est omportant et m&#234;me &#224; la base de l'activit&#233; syndicale. Plus tard, je disais aux nouvelles d&#233;l&#233;gu&#233;es quand elles arrivaient : &#171; les d&#233;l&#233;gu&#233;s, c'est comme les cur&#233;s, &#231;a doit &#233;couter tout ce que les ouvriers et les ouvri&#232;res vous disent, sans le r&#233;p&#233;ter bien s&#251;r &#187;. Je pense sinc&#232;rement qu'on avait un peu un c&#244;t&#233; assistante sociale. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps que j'ai pass&#233; &#224; militer pour le syndicat a donc repr&#233;sent&#233; une grande partie de ma vie. Mais je le r&#233;p&#232;te, l'essentiel de ce militantisme &#233;tait li&#233; au quotidien, et c'est sans doute pourquoi je me suis toujours sentie davantage une syndicaliste qu'une communiste. Pour moi, le syndicat c'&#233;tait l'action au jour le jour, alors que le travail avec le parti, m&#234;me si'l &#233;tait r&#233;gulier, ne repr&#233;sentait pas le m&#234;me investissement. Il &#233;tait plus espac&#233;, sauf peut-&#234;tre durant la guerre d'Alg&#233;rie, p&#233;riode durant laquelle j'ai particip&#233; &#224; presque toutes les manifestations, j'ai distribu&#233; des tracts et fait signer des p&#233;titions sur les march&#233;s ou encore coll&#233; des affiches sur les murs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nae pasaran : comment d&#233;sarmer une dictature</title>
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&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Pinochet renverse en 1973 le gouvernement socialiste de Salvador Allende. Commencent de longues ann&#233;es de dictatures pour le Chili, une dictature qui comptent de nombreux soutiens parmis les pays occidentaux, &#224; commencer par les &#201;tats-Unis&#8230; mais aussi le Royaume-Uni, o&#249; sont fabriqu&#233;s et entretenus les moteurs des avions de chasse du r&#233;gime. &lt;br class='autobr' /&gt; Mais voil&#224; que quelques ouvriers de l'usine Rolls-Royce d'East Kilbride, en &#201;cosse, refusent de participer d'une quelconque mani&#232;re &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-boycott-+" rel="tag"&gt;Boycott&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-a-regarder-+" rel="tag"&gt;&#192; voir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.syndicalistes.org/+-industrie-+" rel="tag"&gt;Industrie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L106xH150/affiche-nae-pasaran-a3599.jpg?1708536609' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Pinochet renverse en 1973 le gouvernement socialiste de Salvador Allende. Commencent de longues ann&#233;es de dictatures pour le Chili, une dictature qui comptent de nombreux soutiens parmis les pays occidentaux, &#224; commencer par les &#201;tats-Unis&#8230; mais aussi le Royaume-Uni, o&#249; sont fabriqu&#233;s et entretenus les moteurs des avions de chasse du r&#233;gime.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais voil&#224; que quelques ouvriers de l'usine Rolls-Royce d'East Kilbride, en &#201;cosse, refusent de participer d'une quelconque mani&#232;re &#224; la r&#233;pression brutale qui se d&#233;roule alors au Chili. D'abord acte individuel d'un ouvrier, qui marque tous les moteurs destin&#233;s au Chili, le boycott est suivi par toute l'usine : tout le monde y est syndiqu&#233;, le syndicat soutient l'opposition au r&#233;gime de Pinochet, donc aucun ouvrier ne touchera plus les moteurs destin&#233;s &#224; ses avions, qui finissent par &#234;tre remis&#233;s sur le parking o&#249; ils rouilleront pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alisateur Felipe Bustos Sierra, lui-m&#234;me fils de r&#233;fugi&#233;&#183;es ayant fuit le r&#233;gime, m&#232;ne ensuite l'enqu&#234;te au Chili, o&#249; les ouvriers &#233;cossais doutent que qui que ce soit ait eu vent de leur action. Mais en r&#233;alit&#233;, l'&#233;cho de leur mouvement de solidarit&#233; s'est r&#233;pandu jusque dans les prisons du r&#233;gime, et ils d&#233;couvrent peu &#224; peu que leur action a eu des cons&#233;quences beaucoup moins modeste que ce qu'ils imaginaient, condamnant l'arm&#233;e chilienne &#224; utiliser de v&#233;ritables &#233;paves volantes&#8230; qui d'ailleurs, pour la plupart, ne volent pas tant que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce film &#233;mouvant et aux multiples rebondissements (&#224; tel point que si &#231;a n'avait pas &#233;t&#233; un documentaire, le sc&#233;nario n'aurait pas paru tr&#232;s cr&#233;dible !) s'av&#232;re particuli&#232;rement d'actualit&#233;, alors que nous r&#233;flechissons aux leviers d'actions syndicaux (notamment) contre le massacre en cours &#224; Gaza. S'il s'agit de faire plus que des actions symboliques de blocage ponctuel, difficile de faire sans les ouvriers des secteurs concern&#233;s&#8230; comme le montrent superbement les ann&#233;es de luttes racont&#233;es dans ce film.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VD6d0xKZNRg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bande annonce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Film disponible en &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/ondemand/naepasaran&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vid&#233;o &#224; la demande&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Conditions et environnements de travail, vie syndicale dans le milieu industriel</title>
		<link>https://www.syndicalistes.org/conditions-et-environnements-de-travail-vie-syndicale-dans-le-milieu-industriel</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>


		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Structuration</dc:subject>
		<dc:subject>Industrie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans les r&#233;flexions et les &#233;volutions &#224; mener au sujet des structures syndicales, la question des conditions de travail fait partie des priorit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
On parle ici des conditions de travail au sein d'un collectif de salari&#233;&#183;es, au sein d'une &#171; communaut&#233; &#187; de travail. Mais cet &#233;l&#233;ment a aussi un effet d&#233;terminant pour la vie syndicale, c'est-&#224;-dire l'ensemble des t&#226;ches de la structure syndicale du lieu de travail (section syndicale ou syndicat), non seulement d'organisation (tr&#233;sorerie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH84/usine_stellantis_d_hordain_-_atelier_montage__36_-dd9d6.jpg?1705923191' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les r&#233;flexions et les &#233;volutions &#224; mener au sujet des structures syndicales, la question des conditions de travail fait partie des priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle ici des conditions de travail au sein d'un collectif de salari&#233;&#183;es, au sein d'une &#171; communaut&#233; &#187; de travail. Mais cet &#233;l&#233;ment a aussi un effet d&#233;terminant pour la vie syndicale, c'est-&#224;-dire l'ensemble des t&#226;ches de la structure syndicale du lieu de travail (section syndicale ou syndicat), non seulement d'organisation (tr&#233;sorerie, formation syndicale des adh&#233;rent&#183;es, etc.), mais aussi de d&#233;mocratie syndicale, des rapports entre la repr&#233;sentation syndicale (section ou syndicat) et les salari&#233;&#183;es, ainsi qu'avec les repr&#233;sentant&#183;es du personnel &#233;lu&#183;es sur liste du syndicat, les rapports avec la f&#233;d&#233;ration professionnelle mais aussi les structures interprofessionnelles (union d&#233;partementale et union locale).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On d&#233;plore souvent la tendance &#224; l'enfermement des militant&#183;es syndicalistes sur leur lieu de travail, mais aussi celle du syndicat &#224; se r&#233;sumer &#224; un collectif d'&#233;lue&#183;es du personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux facteurs, g&#233;n&#233;raux ou locaux, expliquent ces tendances n&#233;gatives. Il appara&#238;t que, pour tenter d'y rem&#233;dier, la question des conditions et des environnements de travail n'est pas suffisamment abord&#233;e. En premier lieu, ce qui influence fortement les possibilit&#233;s et les conditions des rapports entre les salari&#233;.es entre elles et eux : &#224; quelles occasions, o&#249; et comment, ils et elles sont en contact pour pouvoir &#233;changer ? En second lieu, dans quelles conditions la d&#233;mocratie syndicale (ou vie syndicale) peut-elle alors s'exercer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait, &#224; chaque situation, faire une analyse fine de ce qui, dans les conditions de travail et les environnements de travail, a un impact sur les mani&#232;res de militer, la qualit&#233; des rapports avec les salari&#233;&#183;es, la vie syndicale d&#233;mocratique, etc. Cela est tr&#232;s important notamment lorsqu'une nouvelle implantation syndicale arrive dans une entreprise ou un lieu de travail. Car c'est l&#224;, d&#232;s le d&#233;marrage de l'activit&#233; syndicale, que les tendances n&#233;gatives cit&#233;es plus haut doivent &#234;tre combattues. Et que la vie syndicale d&#233;mocratique doit &#234;tre la priorit&#233;, avant les ordres du jour aux CSE&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne parait-il pas &#233;vident alors que les mani&#232;res de militer, etc. sont tr&#232;s diff&#233;rentes entre une activit&#233; syndicale dans l'aide &#224; domicile et celle du milieu industriel, c'est-&#224;-dire un environnement d'usine ? Personne ne dira le contraire. Bien. Mais alors, quelles cons&#233;quences en tire-t-on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne pas tenter (si ce n'est d&#233;j&#224; fait, et alors il serait tr&#232;s int&#233;ressant d'avoir des comptes-rendus de ces exp&#233;riences), au niveau d'un territoire comme une union locale (ou un d&#233;partement de taille pas trop importante), de cr&#233;er un &#171; collectif industrie &#187; dont le premier objectif serait le th&#232;me de la vie syndicale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on fabrique des produits alimentaires, des climatiseurs, des panneaux de bois, etc., il s'agit l&#224; d'un environnement usinier. Qu'y trouve-t-on de commun ? Des salari&#233;&#183;es qui travaillent en &#233;quipe (2x8, 3x8, 5x8), d'autres en &#233;quipe de journ&#233;es, sur des lignes de production ; un &#233;tat d'esprit en g&#233;n&#233;ral qui oppose &#171; la production &#187; et &#171; les bureaux &#187;, qui est pr&#233;sent aussi lors des &#233;lections professionnelles avec la probl&#233;matique des coll&#232;ges 2 et 3 pour les syndicats de lutte ; des salari&#233;&#183;es en sous-traitance (comme le nettoyage, parfois la maintenance, ou la restauration pour les plus grandes unit&#233;s) ou en int&#233;rim, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des sections syndicales, ou des syndicats, ont r&#233;ussi &#224; r&#233;soudre certaines difficult&#233;s, ou au contraire, utilis&#233; certaines conditions favorables, pour assurer une meilleure d&#233;mocratie syndicale, et de meilleurs contacts avec les salari&#233;&#183;es dans cet environnement. Ce sont ces &#233;quipes syndicales de terrain qui ont ce savoir, construit par leur militantisme. Et c'est ce savoir qu'il s'agit de valoriser et de transmettre &#224; d'autres. De la m&#234;me entreprise, du m&#234;me lieu de travail, pour assurer la continuit&#233; militante. Mais aussi &#224; d'autres &#233;quipes d'autres entreprises et lieux de travail, plus en difficult&#233;, ou qui d&#233;marrent lorsqu'une nouvelle implantation appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier objectif de ces &#171; collectifs d'industrie &#187; serait celui-ci : analyser, renforcer et transmettre ce pr&#233;cieux savoir, sans lequel aucune organisation syndicale de lutte ne peut perdurer s&#233;rieusement, d'autant plus dans la p&#233;riode actuelle, o&#249; la r&#233;pression va aller s'accentuant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, encore un nouveau machin, apr&#232;s l'UL, l'UD, l'union des syndicats de la f&#233;d&#233;ration, etc. ? Au sein de la CGT, par exemple, pour le milieu industriel, il n y'a gu&#232;re que la f&#233;d&#233;ration de la m&#233;tallurgie qui dispose d'une structure de proximit&#233;, les unions de syndicats des travailleurs et travailleuses de la m&#233;tallurgie. Et bien oui, ici, il s'agirait de quelque chose de plus. Mais un &#171; machin &#187; qui servirait &#224; d'autres, et o&#249; l'on devrait aussi apprendre d'autres. C'est bien l'un des objectifs du syndicalisme, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis si ce &#171; collectif industrie &#187; fonctionne sur la vie/d&#233;mocratie syndicale, pourquoi ne s'&#233;largirait-il pas ensuite, une fois son fonctionnement bien install&#233;, sur des questions revendicatives, comme les salaires par exemple ? Il serait comme le &#171; camp de base &#187; sur un territoire o&#249; les &#233;quipes syndicales et les salari&#233;&#183;es de l'industrie agiraient de concert pour des luttes et n&#233;gociations salariales coordonn&#233;es. Ce qui permettrait plus facilement &#224; de plus petits syndicats ou sections syndicales, o&#249; ceux qui d&#233;butent, &#224; prendre confiance gr&#226;ce &#224; l'appui des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'aurait un sens que si l'&#233;tat d'esprit, d&#233;cloisonn&#233; de sa propre entreprise, ne s'arr&#234;te pas &#224; celui des syndicats de l'industrie. Ce collectif doit imp&#233;rativement agir au sein de l'union locale. Que des &#233;quipes militantes consacrent une partie de leur temps, et notamment des heures de d&#233;l&#233;gation, &#224; faire exister ce collectif au sein de l'union locale, ce sera d&#233;j&#224; un &#233;norme pas en avant r&#233;alis&#233;. Ce serait prendre en charge une t&#226;che syndicale de l'union locale elle-m&#234;me. Il deviendrait alors normal que les accords &#233;ventuels suite &#224; des n&#233;gociations soient mis &#224; la connaissance de l'union locale et donc de l'union d&#233;partementale. Et pas seulement des f&#233;d&#233;rations&#8230; alors que c'est aujourd'hui loin d'&#234;tre syst&#233;matiquement le cas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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