Se sentir bien là où l’on milite

Publié le par Équipe d’animation pour Esther

La lutte contre les violences sexistes et sexuelles passe également par une remise en question de notre fonctionnement syndical. Il nous faut être vigilant⋅es sur toutes les formes de violences : psychologiques, agressions sexuelles, harcèlement sexuel, phrases sexistes, mais aussi invisibilisation, non reconnaissance, etc.

Le sexisme, quand il est exercé par des camarades de gauche qui se disent féministes, qui en façade font en sorte de visibiliser les femmes en les incitant entre autres à prendre des postes de responsabilité, est difficile à dénoncer. Il ne faut pas que cela soit une vitrine pour leur égo, mais une réelle volonté de changement.

Ils sont censés être nos alliés mais dans les faits c’est plus complexe.

Ils disent qu’ils parlent trop – ils parlent toujours trop.

Ils remettent en place d’autres mecs qui prennent trop de place, ou qui sont sexistes – mais ils le font de manière autoritaire tout en prenant trop de place.

Ils nous disent qu’il faut se blinder face à une direction qui nous parle mal, qu’il faut se blinder quand on craque – alors que c’est à la direction de ne plus mal nous parler, et qu’il est plus qu’humain de craquer.

Ils nous disent qu’il faut qu’on parle lors des assemblées générales, lors des instances, lors des rassemblements, etc.

On leur dit qu’on a besoin de se préparer. Leur préparation : nous parler pendant des heures de leur vie, de leur expérience, de ce qu’ils pensent, ou de se lancer dans le grand bain.

Ça se la joue collectif alors que dans les faits c’est individuel.
Ça parle en employant sans cesse le « je » : je propose ça, je te conseille ceci, etc.

Trop d’égo
Trop de paternalisme

Ça parle souvent avec un ton sérieux, autoritaire.

Ça sort des phrases paternalistes du style : ce sont des conseils hein, je ne suis pas ton père, alors qu’ils n’ont même pas l’âge d’être nos pères, si on en a un.

Mais comment leur dire ?

En leur imposant notre manière de faire ? Plus joyeuse, moins imposante, plus bienveillante, moins autoritaire.

Finalement être soi-même en toute circonstance c’est peut-être ça la solution :

Savoir dire quand ça ne va pas
Savoir dire non
Savoir dire qu’on ne comprend rien
Savoir dire quand la personne en face déconne
Savoir le dire sans retenue
Pas grave si on explose, si on dit les choses sur le moment de manière confuse.
Elles seront dites et ensuite elles pourront être mieux exprimées si nécessaire.
Surtout faire confiance aux autres camarades qui sont là en soutien.

On ne nous laisse pas la place pour nous exprimer comme on le souhaite, alors prenons la parole comme on le souhaite.

Ce sexisme ordinaire qui peut paraître plus anodin comparé à du sexisme plus violent, vécu chaque jour, participe à notre non confiance en soi, à ne pas se sentir légitime dans le syndicalisme, et à ne pas militer avec aisance et joyeuseté.