Pour un état des lieux des syndicats de la CGT
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Le prochain congrès confédéral de la CGT, qui va se dérouler en 2026, remet sur la table le thème des structures et des modes d’organisation au sein de la CGT. C’est une question récurrente dans la CGT,
Certes, ce n’est pas directement sous l’angle du syndicat que ce thème sera abordé. Cependant, le type de syndicat a un lien avec un des points qui sera débattu au congrès : celui des Unions locales et des adhérent⋅es individuel⋅les. Un premier article qui réclame un état des lieux, et qui sera suivi de plusieurs articles où nous ferons notre part dans ce bilan du fonctionnement des formes syndicales dans la CGT avec des retours sur plusieurs expériences.
La CGT regroupe plus de 10 000 syndicats. En vue du prochain congrès confédéral, il serait utile d’avoir une connaissance diffusée à l’ensemble des organisations qui composent la CGT, et donc aussi à celles qui sont appelées à débattre et voter au congrès confédéral, les syndicats, sur les différents types de syndicats présents dans la CGT.
Syndicats d’établissement ou d’entreprise dans le privé sur un lieu ou national pour une entreprise, d’établissement public (par exemple pour un hôpital), par branche sur un territoire (local, départemental, régional, voire national), multiprofessionnel dans une Union locale, de site, de zone, de retraité⋅es lié à un syndicat d’entreprise d’actifs⋅ves, des comités travailleurs-euses de privé⋅es d’emploi et précaires, d’ingénieur⋅es cadres techicien⋅nes, etc. Voilà pour une liste certainement loin d’être exhaustive. L’imagination est au pouvoir à la CGT, au moins sur cette question.
Cet état des lieux est une information indispensable pour la question qui traverse la CGT depuis plusieurs décennies maintenant, et qui à ce jour n’a pas réellement trouvé de traduction concrète malgré plusieurs congrès confédéraux où ont été adoptées plusieurs résolutions.
Cette information devrait être déclinée au moins ainsi :
- d’abord le recensement de tous les types de syndicat à la CGT, pour préciser, affiner et surtout compléter la liste ci-dessus
- ensuite, de déterminer combien il y a de syndicats pour chaque type et pour quelles fédérations et UD de rattachement.
Car lorsque l’on dit vouloir débattre, de nouveau, notamment des syndiqué⋅es isolé⋅es dans les Unions locales, la question du type de syndicat est un élément incontournable pour avancer dans la discussion. En 2009, le congrès confédéral avait adopté une résolution sur le périmètre du syndicat, en mettant en avant notamment les syndicats territoriaux de branche [1]. Mais sans avoir une information chiffrée, objective, approchant assez bien notre réalité, comment peut-on alors se dire que ce seront les syndicats de la CGT qui débattront et décideront en toute connaissance de cause lors du congrès confédéral ?
Qu’est-ce qui peut expliquer que pour telle fédération ou tel territoire, ayant tant de syndicats, la proportion de syndicats de tel type soit à ce niveau ? Est-ce que cela peut alors être corrélé, ou pas, avec la proportion de syndiqué⋅es individuel⋅les ? Est-ce que les corrélations (avec d’autres facteurs notamment, et lesquels ?) doivent aussi être recherchées sur des territoires plus fins (région, département) ? Est-ce que ce serait pertinent ou alors l’information au niveau national est la plus adaptée à la compréhension de ce qui se passe ? Est-ce que cela évolue ou pas ? Et où ?
Il s’agit ni plus du moins que de repartir de la réalité pour éviter les grands débats qui se fondent plus sur l’invocation de grands principes que sur l’observation de l’activité syndicale telle qu’elle se pratique réellement. Que le modèle vanté et paré de tous les mérites soit celui du syndicat d’entreprise, du syndicat local d’industrie, du syndicat national, du syndicat de site ou encore du multipro, c’est souvent à coups de grandes déclarations abstraites… et jamais en listant tous les exemples miracles qui prouveraient l’adéquation de tel ou tel modèle syndical.
Et pourtant on connaît des syndicats d’entreprises dynamiques et d’autres moribonds, des syndicats nationaux florissants et d’autres paralysés, ou encore des syndicats locaux d’industrie qui se révèlent complètement inadaptés. La forme du syndicat n’explique pas tout…
Tout ce travail aurait dû être réalisé, et surtout diffusé à l’ensemble des organisations de la CGT, depuis de nombreuses années. Et notamment à la suite du 49e congrès confédéral de 2009. Mais nous savons que cette question des structures de la CGT a été en réalité enterrée après ce congrès.
Si l’on veut vraiment relancer ce débat, et sérieusement, alors il faut aussi parler à partir de faits objectifs, connus de toutes et tous, pour ne pas perdre de temps lors de discussions où volent les affirmations générales sans données concrètes, établies et vérifiées par l’espace Vie syndicale de la confédération, évidemment en lien avec les équipes Vie syndicale des fédérations et des UD.
Faire cela, le faire vraiment, serait un indice qu’enfin la CGT (et toute la CGT, confédération, fédérations et Unions départementales) s’attaque à son principal problème qui reste pendant depuis une bonne trentaine d’années : des structures syndicales (en type et en nombre) inadaptées à la réalité du capitalisme et du salariat d’aujourd’hui.
En attendant, nous allons apporter notre petite contribution au débat en publiant plusieurs retours sur le fonctionnement concret de diverses formes syndicales, ce qui marche mais aussi les limites constatées.
