Euskadi : succès de la grève générale féministe !

Publié le par Michel

En dépit du fait que le service minimum a empêché que des milliers de travailleuses puissent exercer leur droit de grève, celle-ci a eu un large écho le jeudi 30 novembre dans les quatre provinces du Pays Basque situées dans l’État espagnol. Le mouvement féministe considère cette journée comme historique. L’alliance avec les organisations syndicales majoritaires (ELA et LAB pèsent près de 60 % en représentativité), et de multiples associations, travaillant à cette journée depuis plusieurs mois, a constitué la « recette » de la réussite.

On pourrait se contenter dire que cette grève générale a connu un écho important, et quelques généralités sur tel ou tel secteur. Ici, nous avons choisi de reprendre, à partir de la communication des syndicats ELA et LAB, une liste, non exhaustive, de lieux (municipalités et entreprises) touchés par la grève. Certes, ces noms ne nous dirons rien ici, mais nous avons voulu montrer qu’en ce 30 novembre en Euskal Herria, il y a eu une vraie grève générale féministe, concrète, réelle. Une telle ampleur est inédite en Europe. Cet évènement est une démonstration de ce qui est possible. Une avancée dans la lutte des classes et dans la lutte féministe, pour tout le mouvement syndical et tout le mouvement féministe en Europe.

Cette grève a été secondée par de très nombreuses actions "coups de poing" (axes routiers coupés, les quatre principales entrées de Bilbao bloquées dès 7h30 du matin, etc.), et de grandes manifestations. Deux militantes ont été arrêtées sur le piquet de grève de Michelin ; deux autres pour s’être enchaînées devant la Députation forale de Bilbao ; sept militantes sont aussi sous couvert de répression pour blocage à la gare intermodale de Bilbao, en ayant empêché le départ de bus.

Industrie : Michelin (Gasteiz), Indar (Beasain), Arcelor Mittal (Bergara), CIE Automotive, GKN o Bellota, Polmetasa (Arrasate), Mondragon Assembly (Arrasate), Natra Zahor (Oñati), SNA Europe (Irun), Sammic (Azpeitia), José María Mendiola (Andoain), Kelsen (Zizurkil), IAT (Urnieta) y Niessen (Oiartzun), CAF de Beasain et Irun, Microdeco, AKT Plásticos, Grupo Lucart, Cementos Lemona, DHL, Ferrovial Amurrio Ferrocarriles, JEZ Sistemas, Artiach, etc.

Municipalités : Irura, Anoeta, Mutriku, Aretxabaleta, Azpeitia, Ordizia, Oñati, Arrasate, Orio, Urretxu, Tolosa, Bergara, Beasain, Errenteria, Hernani, Idiazabal, Bilbao, Busturialdea, Gernika, lumo, Durangaldea, Arratia, Barakaldo, Galdakao, etc.

Des centres sportifs (Bilbao, Erandio, Barakaldo), culturels, des offices de tourisme fermés, comme des cantines scolaires et le nettoyage des écoles et collèges (Algorta, Berango, atxuri, Emua, Elgoibar, Bergara, Azpeitia), les campus universitaires au ralenti, les parcs et jardins (Hondarribia, Basauri), les médias, les travaux du train à grande vitesse et du métro paralysés, dans le rail et le métro ce sont les travailleuses et les travailleurs qui ont imposé le fonctionnement en service minimum. Dans tous ces services publics, les travailleuses en sous-traitance ont été de la partie.

Santé, social et médico-social (notamment les maisons de retraite) : les travailleuses qui pouvaient faire grève, du fait du niveau très élevé de service minimum imposé, se sont mobilisées à 90 %.
Le secteur de l’aide à domicile a été touché par exemple à Zumaia, Urnieta, Errenteria, Irun, Erandio.

Autre secteur féminisé, celui de l’éducation  : plus de 70 % de grévistes dans les écoles publiques de la Communauté autonome (hors province de Navarre), avec des taux de plus de 75 % dans certains secteurs.

Mais le secteur des soins ne peut oublier les travailleuses immigrées qui interviennent à domicile. Un rassemblement a donc été organisé devant le bureau de l’immigration à Bilbao, où Liz Quintana, du collectif « Pas domestiquées », s’est exprimée : « Nous sommes venues protester contre la remise en cause permanente de nos droits des travailleuses à domicile ; la loi sur les étrangers est un piège qui nous empêche d’accéder à d’autres emplois de qualité ».

On trouvera ci-dessous des liens permettant de se faire une idée de cette grève (avec des vidéos et des photos, donc à consulter même si on ne parle ni espagnol ni euskara !) :

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